Tu me fais tourner la tête

   Bugarach (Aude), août 2006.

La nature prend la parole  Cette prise de son a été réalisée du haut d’un petit pont romain en pierre surplombant un torrent. Perche et micro suspendus dans le vide, j'ai vrillé le câble au maximum pour provoquer une rotation plus ou moins rapide. Les variations du bruit du torrent sont entièrement dues au mouvement du micro.

       Alain BAUDRY

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Complainte d’un moulin à vent

   Il s'agit d'un enregistrement réalisé à Sallertaine en août 2006 dans un moulin à vent qui tourne toute l'année, sans interruption, et qui s'appelle « le Moulin de Raire ».
J’ai réalisé cette prise de son par un après-midi de grand vent en positionnant ma parabole au-dessous de l'axe du moulin.

       Alain BAUDRY

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Son « mystère »

Le son mystère particulièrement intriguant qui vous a été proposé dans SONATURA n° 6 résonne dans la forêt guyanaise. C’est celui de L’Araponga blanc (Procnias alba), également nommé « Oiseau cloche ». Celui-ci a été enregistré sur la montagne de Kaws début décembre 2006 avec un Nagra Ares BB et une Telinga Pro6 stéréo.

   Pour ce numéro, le son mystère qui vous est proposé est de Frédérique BOUCHÉ.

       Fernand DEROUSSEN

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Au bord de la mer Noire

   Bulgarie, près de Dourankoulak

La nature prend la parole  Après avoir battu activement la campagne, à toute heure, pour recueillir paysages sonores et espèces de l’avifaune bulgare (voir SONATURA n° 7, hors-série), si nous prenions simplement quelques instants de repos au bord de la mer Noire ?

 

Une plage, quelques rochers ; détente, repos.

       André et Odile BOUCHER

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Épervier à pieds courts

La nature prend la parole 

   Près de Srebarna, un couple d’Épervier à pieds courts qui vient de parader dans le ciel s’isole dans un grand Aulne, où il construit son nid, au-dessus du Danube.
L’Épervier à pieds courts n’est pas le frère du terrible chasseur, Épervier d’Europe. Même s’il ne dédaigne pas quelques passereaux, c’est surtout un amateur de gros insectes ou petits vertébrés, capturés au sol. De retour d’Afrique, il niche en Grèce, Caucase, Moyen Orient, pourtour de la mer Noire et, à basse altitude, en Bulgarie, jusqu’aux abords du Danube. Il devient extrêmement rare plus à l’ouest.
(Accipiter brevipes)

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Loriot d’Europe

   Un petit bois de peupliers, juste au-dessus de la mer. Aux premières lueurs de l’aurore, sur un fond de Rossignol philomèle, à peine éveillés, les Loriots d’Europe pensent aux amours (02). Ils sont arrivés depuis peu et, dans de folles poursuites de chants et de cris stridents, dont certains font penser aux cris d’un rapace, les luttes sont sévères pour la formation des couples. Habituellement mal visibles dans les frondaisons, en cette période d’excitation, ils passent à quelques mètres de nous. Tiens, un Hypolaïs pâle dans les fourrés (03). Nous aurons encore certainement l’occasion de le rencontrer. Tourterelle turque (04) et Huppe fasciée (05) s’installent dans le matin.
(Luscinia megarhynchos, Oriolus oriolus, Hippolais pallida elaeica, Streptopelia decaocto, Upupa epops)

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Rousserolle isabelle

Rousserolle isabelle - Acrocrphalus agricola 

   La mer roule derrière la dune. Le printemps a déjà bien reverdi la nature, mais certaines tiges de roseaux desséchées, de l’an passé, claquent encore à la chaleur du soleil du matin. Dans la lisière disséminée de la roselière qui borde la lagune, la Rousserolle isabelle s’active (06) (09). Le mâle vient d’arriver, du sud de l’Asie, de l’Inde peut-être ! À la recherche du meilleur emplacement pour installer le nid, il ne tient pas en place. Le coin paraît idéal. C’est ce qu’à tue-tête il entend faire savoir à toutes femelles séduisantes, bien sous tous rapports, qui passeraient par-là (par instants, il imite un peu la Bergeronnette printanière). Ordinairement, la Rousserolle isabelle niche plus volontiers vers le Caucase, la mer Caspienne, ou encore plus à l’est, cependant quelques pionnières de l’Ouest prospectent jusqu’aux rives ouest de la mer Noire. Une Rousserolle effarvatte, qui niche cachée plus profondément dans les roseaux, remplace un instant la Rousserolle isabelle (O7).
Une Rousserolle turdoïde (10) fait une incursion, brève heureusement: sa puissante voix rauque serait capable de dominer tout un étang !
Une Locustelle luscinioïde, infatigable, “stridule“ indéfiniment (08) dans le loin des roseaux.
Rainettes, Grenouilles vertes et rieuses accompagnent le concert.
Écoutons encore chanter la Rousserolle isabelle, rare ambassadrice d’un lointain Orient (11).
(Acrocephalus agricola, Locustella luscinioides, Acrocephalus scirpaceus, Acrocephalus arundinaceus)

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Plateau aux Alouettes

La nature prend la parole 

   Le ciel est clair. La mer Noire a viré au bleu, roulant en contrebas des falaises ocre. Le Traquet pie est là, dans les vestiges archéologiques, tout près du bord (12). Son pays d’été est plutôt vers le Levant, le sud de l’Oural, le Kazakhstan. Les plus aventureux qui s’installent à l’ouest de la mer Noire n’en quittent guère les bords: nous n’en avons pas vu à plus de cent mètres de la mer.
En arrière, le plateau steppique, près du village de Yailata, est le royaume des Alouettes. Elles sont si nombreuses que leur chant n’est pas facile à distinguer. Étendons nous dans l’herbe. Une Alouette calandre s’envole tout près (13). Comme l’alouette des champs, elle monte et chante longuement dans le vent, mais s’il y a doute, les roulades graves sont sa signature. Le chant de l’Alouette calandrelle est, lui, fait de petites phrases très courtes, une à deux secondes (14). Posté en affût sur une pierre levée dans la lande, un Traquet oreillard lance ses cris rocailleux (15). Une Rousserolle verderolle, nichant probablement dans une petite dépression touffue, fait son apparition (16).
(Oenanthe pleschanka, Melanocorypha calandra, Calandrella brachydactyla, Oenanthe hispanica, Acrocephalus palustris)

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Bruant ortolan

Bruant ortolan - Emberiza ortulana 

   Si, dans la France des gastronomes, bien des Bruants ortolans ont fini en brochettes, ils sont assez courants en Bulgarie. Pour se bien faire différencier, ils s’y sont mis tous les deux. Sur un fil, au bout du chemin sur notre droite, c’est le Bruant mélanocéphale (17). En face, qui prend le relais du sommet d’un arbre, voici le Bruant ortolan (18). En fond sonore un Étourneau sansonnet imite tout et n’importe quoi. Houp, houp, houp: la Huppe fasciée, inutile de la présenter, non plus que les chiens du village.
(Emberiza melanocephala, Emberiza hortulana, Sturnus vulgaris)

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Fauvette épervière

   Voici la Fauvette épervière (19). Avec son œil de rapace et son dessous rayé gris et clair, son allure ne passe pas inaperçue. Dès la seconde phrase, son “Trrr…“ volontaire signe son chant. Mais qui vient déjà la déloger? C’est une Pie grièche à poitrine rose qui installe son nid un peu plus haut dans le feuillage (20) ! Écoutons la bien: cette Laniidé n’est pas comme sa cousine la Pie bavarde: elle ne chante que quelques jours par an, au retour de migration. Profitons-en. La Fauvette épervière reviendra bien tout à l’heure sur son territoire (22). Un Bruant proyer lance ses trilles très aiguës (21). Coucous, Etourneaux, Rossignol philomèle, Loriots sont de la partie et, dans le fond, murmure la vie de l’étang: Rousserolles, batraciens …
(Sylvia nisoria, Lanius minor, Miliaria calandra)

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