L’étang de la Benette (Eure-et-Loir)

En ce jour ensoleillé de fête nationale, rien de tel que de fuir les mondanités vers un coin intimiste, prometteur de belles découvertes : l’étang de la Benette. Situé non loin de Senonches, malheureusement au bord de la D941, l’étang se cache derrière une barrière d’arbustes qui en préserve sinon la quiétude sonore, du moins la tranquillité visuelle.
Dès le parking, la faune fait entendre ses multiples voix : oiseaux (fauvette des jardins, pinsons, troglodyte mignon, bondrée, pouillot véloce, rouge-gorge), grenouilles, grillons et sauterelles chantent de concert. Des libellules bleues scintillantes, vertes fluorescentes, des papillons bigarrés ou à pois, taons et mouches tournent autour d’une prairie aux herbes hautes, colorée ici et là de digitales au rose prononcé, d’églantines pâles et de baies rouges. A la lisière du sous-bois qui encercle l’étang, une prairie particulièrement luxuriante abrite une nuée d’insectes qui se font entendre et se laissent voir : criquets mélodieux, grillons des bois, criquet des pâtures, decticelle bariolée. Le cheminement ne porte pas vers le plan d’eau et se contente de passer dans les bois sillonnés de « gouttiers », espèces de fossés en eau parfois asséchés à cette période de l’année et qui alimentent l’étang. La boue liquide qui y règne fait le bonheur des sangliers qui y ont laissé leurs souilles. Lorsque le ruisseau est en eau, une masse végétale de lentilles d’eau et de flûteaux nageant reflète les rayons du soleil qui passent entre les frondaisons. Tout un monde grouille : limaces oranges, marrons, grises, se délectent de champignons ou se reproduisent ; bousiers errant seuls ou en cohorte au milieu de crottins laissés par les chevaux ; araignées ; grenouilles lilliputiennes qui se confondent tant avec les feuilles mortes que chaque pas risque de les écraser… et bien sûr les incontournables moustiques !
Le plan d’eau se mérite, après une traversée de marécages cachés au milieu des fougères et de bois mort. Les berges se couvrent de faux nénuphars, de littorelles à une fleur et de pilulaires au milieu desquels coasse tout un monde de batraciens enjoués. Quelques grèbes huppés juvéniles parviennent à se faire entendre. Un héron cendré, venu déjeuner, s’envole en voyant bouger les branchages… La nature nous ouvre ses portes en grand. Un vrai bonheur !

Fatima DE CASTRO
14 juillet 2014

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Dans la tourbière des Froux (Manou, Eure-et-Loir)

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Par ce samedi pluvieux de juin, le Conservatoire des espaces protégés du Centre organisait une visite guidée de la tourbière des Froux. L’arrivée se fait par un charmant sous-bois qui cache de petites pièces d’eau dans lesquelles doivent se multiplier batraciens et insectes. Le sous-bois ouvre sur une étendue de lande « contrôlée » que la forêt de Senonches, sur l’autre versant, aspire à absorber. La lande est animée de
touradons, hautes mottes d’herbes poussant sur leurs racines et feuilles dont la décomposition est ralentie par l’acidité d’un terrain s’appuyant sur un lit de silex. Ces îlots herbeux émergent au milieu d’un marécage à la terre sombre. Ici et là pointent les têtes cotonneuses de linaigrettes dont les filaments blancs volent au vent. À l’abri des bouleaux et des chênes, mousses et fougères s’en donnent à cœur-joie. La majestueuse Osmonde royale trône comme une reine parmi ses consœurs à la taille plus modeste.
Notre guide, Sylvain Garbar, nous engage à oser la traversée épique de la tourbe pour admirer au milieu des touradons sa grande découverte pour le département : la grassette du Portugal (Pinguicula Lusitanica). Egalement appelée « Gobe-mouche », cette plante carnivore de la famille des Lentibulariaceae ne paie pas de mine. Elle prend des allures de petite étoile de mer perdue dans sa lagune. Mais il ne faut pas s’y fier ! Le moucheron qui s’en approche un peu trop, y reste collé et la plante commence alors la lente absorption de ses humeurs jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’une enveloppe vide que le vent ou la pluie emporteront.
Dans ce milieu végétal humide, sous une pluie battante, les insectes bougent au ralenti, frêles et vulnérables. Une libellule sonnée par la fraîcheur, se laisse prendre sans résistance et observer sans réticence (Orthetrum caerulescens). Mais sa bonne volonté se lasse et elle finit par se laisser tomber sur un touradon.

Plus loin, dans un recoin de lande au bord de l’Orème, nouvelle rencontre avec des sauterelles tout aussi bon enfant. Au sommet d’un groupe de touradons se promènent des conocéphales bigarrés (Conocephalus fuscus), sauterelles de la famille des Tettigoniidae. Elles se déplacent si lentement, sans même chercher à se cacher, que nous avons tout le loisir d’admirer leur vert éclatant que strie une bande brune sur leur dos. Elles sont silencieuses, hélas, le temps les laissant léthargiques. Mais qui sait, le soleil revenu, cette tourbière si riche fera peut-être entendre sa voix après avoir dévoilé ses si beaux atours ?
Fatima DE CASTRO
29 juin 2014

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Un dimanche sous les sapins

Superbe dimanche de mai au soleil généreux. Qu’il fait bon prendre sa chaise longue et l’ouvrir à l’ombre du grand sapin ; ôter ses espadrilles pour plonger les pieds dans l’herbe tendre qui sort de son hiver ; plonger dans l’aventure d’un bon livre qui porte le rêve au gré de la Loire. Le silence est d’or, à peine éveillé par une douce brise qui murmure dans les branches du grand sapin.
De la barrière végétale qui tombe de chez la voisine, un petit cri d’appel se fait entendre dans le noisetier exubérant. Évidemment, c’est l’heure du goûter pour tous les enfants du monde, quelle que soit leur espèce !
Soudain, le noisetier explose d’agitation. Ça crie, ça hurle, ça gigote, ça sautille. Un troglodyte pêchu volette de branche en feuille, menaçant, n’hésitant pas à venir trémousser ses petites ailes jusque sous notre nez, se posant tantôt sur le grillage, tantôt sur une feuille que ne perturbe pas la légèreté de son petit corps guerrier.
Qu’avons-nous fait ? Pourquoi cette soudaine vindicte alors que nous vivions, lui et nous, en paix dans la chaleur de cet après-midi ?
Puis, nous comprenons. Plus loin, caché par le petit sapin bleu, le Grand Maître du jardin est là, à l’affût sous le noisetier, prêt lui aussi à croquer tout petit goûter qui tomberait de l’arbre…
Fatima DE CASTRO, Saint-Piat, 18 mai 2014

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Ballet nocturne

Il y a déjà six ans que notre ami Antoine Griboval nous épatait avec un enregistrement de chauve-souris en rendu stereo grâce à deux détecteurs d’ultrasons hétérodynes qui ramènent au champ audible les ultrasons non perceptibles à l’ouïe humaine : http://audioblog.sonatura.com/?p=300
Ayant acquis un premier puis un second détecteur par division de fréquences des plus rudimentaires (BATBOX « BATon »), j’ai commencé à utiliser ce système pour inventorier les chiroptères de ma région. Le système de division de fréquences a pour avantage par rapport à l’hétérodyne, de n’être pas restreint à des bandes de fréquences séparées et de rester ouvert à toutes les gammes d’émissions en même temps, depuis les dernières fréquences perçues par l’oreille humaine jusqu’aux ultrasons les plus élevés des chiroptères vers 120 KHz, ce qui permet, pendant une attente, de détecter la présence de n’importe quel phénomène ultrasonore orthoptères compris… La stereo qui ajoute une dimension spatiale, spécialement au casque, permet de distinguer les individus les uns des autres ce qui permet de les dénombrer et surtout de distinguer les émissions parfois très similaires qui se mélangent donc davantage avec le système de division de fréquences. Je vous propose donc ici une nouvelle version de cette expérience stereo : une Pipistrelle commune (Pipistrellus pipistrellus) puis probablement une Pipistrelle de Khül (P. khulii) ou de Nathusius (P. nathusii) [cette séquence trop brève et trop confuse ne m’a pas permis de la distinguer à coup sûr, même d’une éventuelle Sérotine (Eptesicus serotinus)].

Voilà une scène typique au sortir d’un village, juste au crépuscule, moment où les pipistrelles sont les plus actives à la sortie des gîtes diurnes. Le dispositif se trouvait sous les frondaisons d’un grand et vieux chêne. Cet individu tout d’abord isolé  me tournoyait autour avant d’être rejoint par de nombreuses autres congénères venues chasser au-dessus de la rivière. Avec la fraîcheur retombant, les insectes se dispersent et ce ballet rapproché s’estompe. [enregistrement en "ligne" sur Olympus LS-11 puis filtrage graves et aigüs]

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Journée mondiale de la vie sauvage

Bufo bufo

Le sauvetage des amphibiens à la saison des amours, lors de leurs traversée mortelle de notre réseau routier

L’ONU vient de déclarer le 3 mars comme journée mondiale de la vie sauvage [Voir par exemple…]. Sonatura qui sensibilise à la diversité de la nature par le son ne pouvait rester insensible… Pour l’occasion, je vous propose une prise de son de saison : celle d’un crapaud commun sur fond de … chasse à courre, en guise de coup de chapeau à tous ceux qui œuvrent pour le sauvetage des amphibiens dont les populations se raréfient un peu plus chaque année [et auxquels notre numéro 10 était consacré !].Mares_forestieres_de_reproduction_des_crapauds(enregistrement effectué en mars, après fermeture de la chasse, période où la chasse à courre est encore autorisée en France).

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L’Armor d’une oreille à l’autre

La plage de TrestraouVoilà plusieurs années que je teste des systèmes de prise de son légers ou destinés à se rapprocher du procédé binaural (voir par exemple cet article réservé : [clic!]- Le blog Sonatura a déjà proposé des enregistrements effectués avec cette technique (voir par exemple [clic !] ou : [clic !]).  … Certains d’entre nous sont des adeptes et je vous renvoie aux liens de notre blog pour en découvrir d’autres comme « Binaural Nodar » ou bien d’autres… Mais je n’avais jamais pleinement mis en œuvre ce système en m’essayant sur ma propre tête ! Hé oui ! Après des bidouilles, voici des prises sans artifice, les micro-cravates dans l’oreille et protégés sous le bonnet breton… Ambiance de Côtes d’Armor !  Je vous prête ma tête pour quelques minutes de bouffée d’embruns marins : [Écoute au casque par essence recommandée !]

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Vous êtes bien urbain

“On devrait construire les villes à la campagne car l’air y est plus pur !” disait Alphonse Allais, et c’est devenu le rêve de beaucoup de banlieusards…

Philippe

Enregistrement réalisé à main levée avec un NAGRA SD + capsule NM-MICSII LEM Vert le 26 février 2014 à 7h50

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Sonatura et l’AFDERS à la Semaine du son 2014

Photo C. OLLIVIER ©

Photo C. OLLIVIER ©

Cette année encore, nos amis de l’AFDERS nous ont conviés pour donner la parole à l’audionaturalisme dans la grande famille des techniciens du son, autour du “Multicanal à la portée de tous”, thème de l’année. Après une écoute et une présentation du concours “Le mix fou”, Claude OLLIVIER, administrateur dans nos deux associations et Jean-Marie GRANDEMANGE, président AFDERS ont expliqué les techniques et enjeux du multicanal et j’y ai présenté un procédé simple de triphonie adapté au terrain (Cf. l’article réservé aux membres ici : http://audioblog.sonatura.com/?p=680). Merci aux musiciens qui se sont prêtés au jeu et une fois encore à la Médiathèque Musicale de Paris qui nous accueillait ! – Pour voir l’actu de l’AFDERS et y retrouver tous leurs conseils : (http://www.afders.org/)

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Réédition

Couverture du Hors-série LAPONIE

Suite à sa réédition, le numéro hors-série “Laponie” est à nouveau disponible.

Et comme c’est bientôt Noël, voici notre cadeau à nous : une ambiance inédite réalisée lors de cette expédition !

Philippe

 

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Automne beauceron

Automne_beauceron
Dimanche 22 septembre, 7h. Automne beauceron
Premier jour d’automne dans un village beauceron. L’effervescence du printemps et de l’été n’est plus. Les oiseaux chantent en sourdine, beaucoup moins nombreux. L’éternel corbeau, symbole du froid dans les meilleurs scénarios, se fait entendre. C’est l’approche du sommeil hivernal qui chante à travers son croassement rauque. Dans le ciel, des groupes d’oiseaux prennent le chemin de régions plus clémentes.

Les champs sont moissonnés ; les couleurs se font rares. Dame Flore se prépare à l’hibernation annuelle.

Un autre chant, agressif, porteur de mort, d’inquiétude, envahit l’espace endormi. Le sommeil du juste n’atteint pas le chasseur qui trépigne depuis des mois dans l’attente fébrile de cet instant qui, enfin, autorise ses pulsions primaires. Le chasseur est le roi de l’automne ; son arme, la seule voix qu’il sache émettre. Le silence, quelques secondes après le tir. L’hallali des chiens, morbide et sans grâce, signant la mise à mort. Le lièvre prostré qui lutte pour sauver sa peau, courant d’un piège à l’autre, ne sachant plus à quel fourré se vouer. Voilà ce qu’ils appellent sans rougir « communier avec la nature ».

La rencontre miraculeuse d’un chevreuil au détour d’un chemin forestier, lui fièrement campé dans toute sa beauté, le promeneur émerveillé par cet impromptu magique. Pas de fuite. Pas de crainte. Des deux côtés.

Des faits divers relatent l’attaque de chasseurs par de courageux cervidés excédés. Est-ce pour plaindre le chasseur ou justifier son action « régulatrice » sur les dangers de la nature que croit connaître le citadin crédule ? Moi, je préfère encourager cerfs, chevreuils et tout autre animal prêt à mourir sans résignation.

Réguler la nature, disent-ils. Eh bien, messieurs, cessez donc de lâcher perdrix et faisans qui envahissent champs, routes et villages. Cessez donc d’alimenter en graines ces innombrables auges à sangliers qui encombrent champs et forêts. Hypocrisie mal léchée de soiffards de violence.

L’automne dans un village beauceron ? Je vous le dis, vivement l’hiver qui cloîtrera les animaux dans leurs terriers et gardera les hommes au chaud, loin de la neige… du moins je l’espère.

Fatima DE CASTRO

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