Avertisseur sonore !

Singulier mariage pour Phonurgia nova qui s’est alliée à la fondation François Sommer pour la chasse et la nature, en vue de doter cette année son fameux concours de montage sonore (prix “field-recording”). Nombre d’adeptes de field-recording et autres audio-naturalistes le connaissent bien et s’interrogent… Ils sont plus d’une soixante à questionner publiquement Phonurgia nova dans une lettre ouverte à laquelle Sonatura s’associe, et que vous pourrez lire ici. Un écrit en guise d’avertisseur sonore ! Sonatura et le collectif “restent à l’écoute”

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La vérité vraie

Nous sommes nombreux à rêver d’un idéal de nature sauvage indemne, exempte des meurtrissures infligées par l’Homme. Nos séquences font la part belle aux ambiances de nature préservées telle celle du jardin d’Eden, d’un lointain passé révolu. Mais la Vérité est ailleurs… Entre lignes régulières de l’aviation civile, gros porteurs militaires, autoroutes, grosses cylindrées, mobylettes, souffleurs de feuilles, élagueuses, climatiseur, groupe froid etc, etc. Lequel d’entre nous n’a pas tenté de filtrer, égaliser, atténuer ou même couper ces bruits nuisibles (eux le sont, pas les animaux !)… Chez les preneurs de son audio-naturalistes, preneurs de sons animaliers et autres “chasseurs de sons”, les “trucs et astuces” sont légion. Si nous déplorons l’inflation des nuisances sonores, première pollution pour les Français, nos plaintes ne sortent souvent pas du cercle privé ou bien nos cris de détresse, même relayés par les autorités officielles, européennes ou autres, n’émergent plus au-dessus du brouhaha ambiant. Voici un exemple d’ambiance captée ces derniers jours – un accouplement de chouettes hulottes – que je n’ai pas pu m’empêcher d’embellir par quelque masque sonore en réserve (vent en forêt), destiné à couvrir le brouillard sonore des avions et des lointaines voies routières. Pour comparaison, la prise de son native avant “trucage”. Je soumets à vos avis et vos critiques une telle démarche. Lors de mes diffusions en public, je ne manque pas une occasion de dénoncer la dérive actuelle du “tout bruyant” dont semble ne plus se passer certains de nos concitoyens devenus sourds. Sonatura qui sensibilise à la biodiversité sonore, milite à sa manière pour non pas un monde du silence ; mais une planète vivante mais sereine !

à bon entendeur, salut !

Pascaoup

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Commandez le dernier numéro SONATURA !

Le nouveau numéro de SONATURA

Le dernier numéro de la revue sonore SONATURA

Il est là !! Le nouveau numéro de la revue Sonatura est paru et sorti des cartons !
Vous allez le recevoir si vous êtes abonné par la souscription à ce numéro 15.

Ce numéro 15 sera dédié à notre regrettée amie Odile. Il vous emmènera des rossignols enregistrés notamment par André et Odile aux insectes d’Afrique, en passant par l’Espagne, la Corse et
d’autres lieux de rêve et mille sonorités dépaysantes ou étonnantes !

L’abonnement demeure à 12 Euros port compris (ou 10 € port compris pour les membres) au lieu de 15 € par achat à l’unité port compris (sur les stands ou sur commande une fois le numéro sorti).

Commandez le numéro 15 dès maintenant en envoyant votre chèque à l’ordre de Sonatura à l’adresse suivante :  “Association SONATURA – 32 rue de Dionval, 28130 SAINT-PIAT”

J’espère que vous serez nombreux à assouvir votre curiosité pour ce numéro 15 !
Bonnes écoutes à vous !

Pascaloup, alias, Pascal DHUICQ, président

Vous pouvez télécharger le bulletin sur le site dans l’onglet “rejoindre Sonatura” ou ici :
http://audioblog.sonatura.com/wp-content/uploads/2013/04/Bulletin-dadh%C3%A9sion-et-de-souscription.pdf
Il vous est proposé de combiner votre souscription à une adhésion de soutien car Sonatura a été créée avant tout comme une revue associative sur abonnement.
Pour les anciens numéros, vous pouvez le faire aussi par l’onglet spécial de commande d’anciens numéros (page rétablie après un bug) :
http://audioblog.sonatura.com/wp-content/uploads/2015/04/Bulletin-de-commande-danciens-numeros.pdf
Les prix varient selon qu’il s’agit de hors-série ou que vous y avez participé ou encore que vous êtes membre à jour de votre cotisation de soutien, car, je vous le rappelle, Sonatura est un collectif participatif qui n’attend que vous !

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Morvan automnal


Terre de légendes, les Celtes ne s’y sont pas trompés en nommant ce pays « montagne noire », Morvan.

Paysage vallonné couvert à 50% de forêts de résineux, hêtres et chênes, le parc naturel du Morvan offre pourtant une physionomie variée, faite de vallées aux rivières agitées, de lacs de retenue, de tourbières et de bocages. S’y promener revient à croiser des chevreuils dégustant l’herbe des pâturages au couchant ; des renards fouinant dans la chaleur d’un après-midi ensoleillé ; un écureuil en sous-bois narguant une pie qui vise la même pitance ; un cochon rondouillard, égaré dans les hautes herbes du lac de Chaumeçon ! Mais c’est aussi le vol et le chant de nombreux oiseaux dans cette région de transit pour leur migration (geais, grives, buses…), Une flore variée qui commence à s’endormir pour l’hiver (reine des prés, centaurée, angélique…) ou s’éveille à l’automne (vesse de loup perlée, fausse oronge…).

Dans les derniers rayons de soleil, les sentiers de bocage liserés de haies touffues, laissent entendre le dernier chant varié de sauterelles et de grillons qui, bientôt, s’endormiront à leur tour avec les premières froidures (grandes sauterelles vertes, criquet mélodieux, grillon des bois etc.).

Fatima DE CASTRO / 10 octobre 2015

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Danse amoureuse en baie de Somme


Un après-midi ensoleillé de mars, dans la réserve naturelle du Hâble d’Ault, extrémité sud de la baie de Somme. La mer se cache derrière une dune qu’arrête un cordon de galets arrachés aux falaises crayeuses de la côte normande proche. Jusqu’au milieu du 18e siècle, le Hâble était l’un des plus grands ports de pêche d’Europe du Nord. Progressivement, de 1750 à 1773, la main de l’homme a comblé ce refuge à des fins agricoles. C’est la période dite du Grand Barrement. Aujourd’hui, le Hâble sert de refuge à 270 espèces d’oiseaux protégées sur 100 hectares acquis par le Conservatoire du littoral depuis 1986, auxquels s’ajoutent 62 hectares de réserve naturelle créée par l’Office national de la chasse et de la faune sauvage. Au milieu d’îlots herbeux lovés au creux d’étendues humides et cernés de vase et de galets, les oiseaux viennent se reposer au cours de leur migration ou nicher. L’air vibre d’un méli-mélo assourdissant. Des lapins, dont les terriers creusent le sol, tentent de gagner un terrain difficile, parfois poursuivis par un courly qui n’hésite pas à les chasser à coup de bec dans les fesses.

Le ciel est envahi par la danse amoureuse des vanneaux qui nous tient en haleine. Les mâles entament dans les airs une farandole bruyante, au son proche du claquement d’élastique, en un va-et-vient incessant qui enchaîne montées et chutes libres à grande vitesse. Un mâle « ferre » une femelle, impassible au sol. Face à la femelle qui feint l’indifférence en fouillant la vase de son bec, le mâle se dandine d’avant en arrière, soulevant son arrière-train rouge qu’il prend bien soin de toujours gardé dans la ligne de mire de la belle convoitée, tournant pour cela sur lui-même autant de fois que nécessaire, sans interrompre sa danse, tête baissée, fesses en l’air. La belle feint de l’ignorer, jetant parfois un coup d’œil désinvolte au spectacle, surtout lorsque le va-et-vient fait place à une espèce de danse tribale, ailes déployées et queue s’agitant dans tous les sens. Lorsque le mâle croit avoir atteint son but et s’interrompt, la femelle reprend sa promenade « picorante » comme si de rien n’était. Et le mâle de reprendre aussitôt le cycle dandinement-danse tribale pendant un temps assez long… jusque ce que la belle décide que non, décidément ce n’est pas le bon, et parte sans le moindre état d’âme, laissant le danseur dépité, seul sur son îlot vaseux… Cruelle nature !

Fatima DE CASTRO /3 mai 2015

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Un sourire pour 2015 !

Un sourire photographié ce matin du 1er janvier 2015 !  Et une ambiance hivernale captée ce matin-même aux aurores, sous un ciel limpide en vallée de l’Eure. Un calme comme d’habitude quelque peu gâché par un “joyeux fêtard” inaugurant la nouvelle année à sa manière… Premier hélas d’une longue série… Malgré tout, gardons espoir et battons-nous pour préserver cette jolie sonodiversité ! Bonne année à tous ! Bonne année Sonatura !    [Prise de son multicanal 3D "binauralisée". Corbeaux freux, corneilles noires, foulques macroules, grèbes castagneux, rouge-gorge, merles, écureuil roux... En fin de séquence, un héron cendré se pose sur la glace avant d'être dérangé par un congénère...]

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Calendrier sonore d’une année écoulée…

Cela faisait bien des années que l’idée m’était venue : enregistrer un coin de nature à heure fixe, tous les mois pour donner un aperçu acoustique du cycle des saisons dans la vie des animaux, dans l’ambiance des éléments. Après quelques tentatives infructueuses, j’ai profité de mon installation “à la campagne” pour poser mon micro dans notre jardin, à proximité de notre mare. Pour saisir le changement modeste mais inéluctable qui se joue au fil des mois, j’ai établi un protocole simple : déclencher au lever du soleil pendant 6 minutes, le micro (MS) orienté vers notre cerisier, le premier jour du mois ou -si la météo ou mes disponibilités me l’empêchaient- la veille ou le lendemain, cet écart n’ayant aucun impact sensible. Détail important cependant : l’enregistrement devait être réglé au même niveau tout au long de l’année, ce qui donne une idée de la variation de pression acoustique entre la saison creuse et la pleine saison pendant laquelle les chants d’oiseaux couvrent la pollution sonore. Avions, trains, voitures et coups de vent dans les capsules étaient bien sûr au rendez-vous et j’ai taillé et recollé des bribes dans chaque plage de 6 mn pour ne garder qu’une minute qui cependant ne serait pas expurgée de toute nuisance sonore, loin de là. Les séquences durent chacune 1 mn et le total forcément 12 mn… Une tranche de vie mensuelle en somme. Un calendrier sonore qui pourrait fort bien être le même qu’en 2015 si notre biodiversité même banale ne s’amenuise pas encore un peu plus cette année encore !
[Lisez le détail de chaque séquence dans les commentaires ci-dessous]

Janvier Fevrier Mars Avril Mai Juin Juillet Aout Septembre Octobre Novembre Decembre

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L’étang d’Écluzelles-Mézières

Il est un lieu en Eure-et-Loir qui peut réjouir les ornithologues, même si les spécialistes de la prise de son auront du mal à enregistrer les oiseaux loin de l’ambiance humaine caractérisée par les voitures, les joggers et autres usagers du parc de loisirs nautiques. À Écluzelles, l’étang Solange Épiphane, enserré dans sa ceinture de verdure, est un havre pour nombre d’espèces qui se côtoient en toute liberté. Malgré l’époque tardive (octobre), un couple de grèbes huppés promène ses trois petits sur le dos de la mère. Le père, affairé à la tâche, plonge sans cesse pour enfourner dans les becs tendus de petits poissons dont regorge la pièce d’eau. Plus loin, des grèbes « adolescents », à la tête rayée, poursuivent leurs parents en poussant des cris de famine à fendre l’âme.
La déambulation et l’œil assuré du spécialiste permettent d’observer plus loin, cachés dans la végétation, des hérons bihoreaux dont l’étang est le seul lieu de nidification pour le département. Près d’eux, les aigrettes au blanc limpide observent l’eau d’un œil attentif. Elles se rapprochent des mares forestières couvertes d’un édredon de lentilles d’eau pour y piquer leur pitance. Le héron cendré, lui, lorgne les grenouilles vertes qui sautent dans l’eau à l’approche du promeneur et font parfois entendre leur croassement lorsqu’un chien aboie. Sous nos yeux, les espèces volent en tous sens : martin pêcheur, cormorans, mouettes, danse des vanneaux dans le ciel, pic épeiche, pics vert et noir, grèbes castagneux, éperviers, buse bondrée, foulques et poules d’eau, sans oublier l’éternel canard colvert. La pièce d’eau créée de toute pièce par l’homme à partir d’une zone inondée artificiellement, se veut le paradis de ces oiseaux en paix, et fait le bonheur du promeneur attentif à la vie qui y grouille.

Fatima DE CASTRO – 1er octobre 2014

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Un glacier fossile

Lac glaciaire sous le glacier fossileCertains d’entre vous ont déjà eu la chance d’entendre un pan de banquise s’effondrer dans un grondement tonitruant ou un sérac se détacher de son glacier dans un fracas assourdissant… Mais avez-vous déjà entendu les discrets grincements d’un glacier fossile ? Ce phénomène géophysique est rare mais se trouve notamment dans le Queyras, au lac d’Asti (2920 m), sur lequel vient s’échouer une récente moraine de blocs rocheux issue d’un glacier “fantôme” que les cartes IGN mentionnaient encore dans les années 60′… Tandis que la mention “glacier fossile” y était encore portée dans les années 90′, plus rien ne le mentionne dans les dernières éditions des années 2000′. Chronique d’une mort annoncée. En apparence totalement fondu et asséché, sa consistance serait exclusivement rocheuse. Ma curiosité pour ce mastodonte minéral ne fut donc qu’encore plus attisée lorsqu’à l’occasion d’une récente excursion sur place en cette fin septembre, j’y vins capter son environnement sonore : bien qu’aucun bruit ne se fasse entendre (hormis quelques Accenteurs alpins dont c’est le domaine), l’installation de mes micros sur trépied en contrebas de ce monstre de roches où dégoulinent moult écoulements glaciaux, révèla ce que l’oreille nue ne peut percevoir. D’étranges craquements sporadiques trahissent les derniers soupirs de vie de ce géant à l’agonie… Sous la roche concassée, le permafrost dilate la moraine qui s’affesse inexorablement…

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L’Éden retrouvé

D’après un récit qui n’est plus à présenter, un malencontreux épisode mêlant pomme et serpent conduisit tout droit Adam et Ève hors du Paradis que l’homme s’évertue, depuis, à retrouver. L’humanité croyait ce havre de paix perdu à jamais. Eh bien, en vérité je vous le dis, il n’en est rien ! …À quelques encablures du Mont-Saint-Michel, sous la protection bienveillante de l’archange à l’épée acérée, un coin de ce lieu mythique a été préservé. L’histoire ne nous dit pas si les reptiles s’y terrent sournoisement à l’abri d’une végétation luxuriante. Pourtant, la masse végétale dense, alimentée par un torrent qui glisse sur un lit de granit, offre de belles cachettes au rampant. Ne parlons pas des ruines de moulin abandonnées là au 18ème siècle après un incendie improbable dans cet univers liquide, et recouvertes d’une mousse aussi épaisse qu’un bon matelas moelleux.
La vallée de Riskop (ou Riskopp) est située sur la commune de Saint-Broladre (35), petit village typique aux maisons de granit, dominant de sa hauteur la baie du Mont. La vallée se trouve au bas de la colline. Au lieu-dit du « Moulin du Haut », le calme règne comme il est rare à notre époque. Aucun bruit humain. Seuls l’écoulement de l’eau et le chant des oiseaux animent cette forêt vierge d’apparence… mais certainement entretenue par des mains nostalgiques d’un paradis légendaire.

Fatima DE CASTRO / 19 septembre 2014

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