Bientôt le numéro 17 de la revue sonore SONATURA !

Le prochain opus de la revue sonore Sonatura, la seule du genre, est presque prêt ! Ce numéro suit de peu le n° 16 qui nous emmenait autour du monde comme à l’accoutumée.
Ce CD 17 quant à lui veut témoigner d’un événement singulier : celui du silence des hommes au temps d’un confinement qui restera gravé dans nos mémoires et sinon, dans les “sillons” de ce disque.

Ce CD 17 regroupe pour la première fois sur un CD entièrement dédié le projet de “communion”sonore autour d’un jour unique du 3 mai 2020 à la fois jour :- l’aube de l’”international dawn chorus day” animé par les ornithologues anglophones mais désormais mondialement promu- et l’un des derniers dimanches de plein confinement ! Une idée de rassembler virtuellement nos membres pendant le confinement et à travers toute la France et même à l’étranger.
Certains d’entre nous savent combien pendant cette période de calme et de retrait du tumulte des humains, la population a redécouvert le chant des oiseaux et combien elle a été en demande de cette voix naturelle et de la sérénité de la nature… Ce disque sera donc le témoignage communiquant aux monde la beauté de la nature quand le monde des hommes se met en veille pour lui laisser la parole…
Comme les précédents, ce numéro est lancé en souscription à 12 € pour les non-membres ; 10 € pour les membres et il est rappelé que l’adhésion pour devenir membre peut être payée en même temps pour bénéficier du tarif membre. L’adhésion coûte 10 €. Elle permet de financer la tenue du site Internet, des frais bancaires de l’association, d’assurance, des frais d’organisation des rassemblements, etc. Elle est un soutien à notre action.
Voici le lien pour télécharger la fiche de souscription/adhésion accessible dans l’onglet ci-dessus :http://audioblog.sonatura.com/?page_id=2638

D’ici là, je vous souhaite une bonne écoute des CD de la revue, du blog ou des séquences partagées sur FaceBooket me tiens à votre écoute pour toute question !
Pour Sonatura : Pascal DHUICQ, président.

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Chez Monsieur Colombin

Une récente discussion sur le forum (YahooGroup Sonatura) a donné l’occasion de noter combien nos pigeons – je veux dire, nos colombiformes ! – sont souvent délaissés des preneurs de sons nature tout accaparés bien souvent par les passeriformes (passereaux). Pourtant, il s’agît de chanteurs au répertoire insoupçonné et malheureusement difficile à enregistrer car la plupart des paraboles qui sont employées en captation « audionaturaliste » ont un diamètre insuffisant pour capter convenablement les sons graves de leur chant émis du fond de leur poitrine. Or, faute d’amplification, ces chants plutôt faibles, ne peuvent qu’en de très rares occasions être enregistrés au moyen de microphones nus. L’utilisation d’un réflecteur parabolique puis retraitement de l’équilibre de la bande passante comme le propose désormais la technologie (Schoeps) ne résout pas le problème du déficit d’amplification au regard des autres oiseaux environnants. Au moyen d’une parabole de fabrication ancienne (Grampian des années 50’ à 70’), jadis employée pour l’enregistrement des oiseaux mais abandonnée à cause de son encombrement offre une solution qui n’est qu’un pis-aller face à la pose de micros nus au plus proche.

Mais comment approcher le Pigeon colombin (Colomba œnas), plus rare que son cousin ramier (la Palombe des chasseurs) et pour lequel donc, les probabilités de rencontres sont moindres ? Sans compter que ce joli colombidé au chant tranquille et étouffé, se cache souvent très en hauteur dans les grandes futaies ou les arbres de haute tige. Là-haut, comment tendre un perche ou grimper interviewer cet oiseau qui le faisait remarquer M. Namblard dans le fil de nos discussions, apparaît le plus fréquemment comme un « second rôle » en fond sonore de nos séquences de son. L’écoute attentive et prolongée de son chant, passé les premières heures du petit jour, démontre combien, « conscient » de la faiblesse de la portée de son émission sonore, les mâles alternent leurs phrasés avec parcimonie en veillant à ne pas « chevaucher » le roucoulement de leurs cousins ramiers plus prolixes et plus vindicatifs. Discret, le Colombin sait attendre un moment calme et dispenser à bon escient ses roucoulements paisibles. C’est le plus souvent au gagnage dans les labours que vous observerez ce petit pigeon d’un joli gris-bleuté qui lui a valu son surnom de « petit bleu » chez les chasseurs. (car cette espèce est hélas classée gibier). Voici trois enregistrements effectués grâce à deux paraboles de 1 m de diamètre à moins d’une quarantaine de mètres du pied du tronc. Ici, toute la difficulté est de déterminer l’angle de visée à l’aveugle et l’espacement des deux réflecteurs afin de ne pas causer la distorsion angulaire qui est la clé de la stéréophonie.

 

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Chant énergique dans les broussailles

(Proposé par Benoit Lujan) :

Temps brumeux en ce matin de Juin. Je profite de mon passage en Charente maritime pour visiter la réserve naturelle nationale de Moëze-Oléron. J’arpente une petite route de campagne où je peux y entendre Pie bavarde, Pie-grièche écorcheur, Bruant proyer… Mais un chant particulier attire mon attention, un chant très énergique nasillard je dirais. Cette espèce peut aussi imiter d’autres oiseaux, ce qui rend parfois sa détermination difficile pour les débutants. La Rousserolle effarvatte est une virtuose du chant. Ce n’est pas le plus mélodieux des oiseaux, certes, mais avec ses notes rappeuses et enchaînées à une cadence infernale, elle à son style à elle !

 

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Sortie du numéro 16 de la revue Sonatura !

Et voilà enfin le dernier numéro de la revue Sonatura du collectif éponyme ! …La seule revue sonore dédiée à la nature ! Il aura fallu certes un délai déraisonnable pour sa parution mais nous espérons que vous profiterez de ce “voyage immobile” qui vous emmènera de milieux maritimes en milieux humides en Brenne, aux Galapagos, en Finlande, en Gironde, au Togo, au Québec, à Oléron, en Belgique, en Bretagne, dans les Landes, en Deux-Sèvres, à Sri-Lanka, dans les Dombes, le tout, en passant par…la Lorraine ! Et toujours notre “son mystère”… Pour commander ce nouvel opus (désormais, il suffit d’envoyer le bon accessible dans les onglets ci-dessus avec votre chèque. Nous vous souhaitons à tous une très belle découverte sonore !

NB : afin de réserver le maximum de place aux illustrations et textes et aérer la composition du livret, la description du matériel utilisé pour chaque séquence n’y a pas été mentionné. Le présent audioblog, créé pour servir de continuité à la revue sonore, devait originellement proposer ce descriptif en complément du livret. Pour ce numéro, c’est la solution retenue. Nous vous donnons donc accès aux textes initiaux avec ces indications dans un document au format pdf ici. Bonne (re)-découverte !

Erratum : l’enregistrement de Rousserolle verderolle – attribuée par erreur dans le livret- est attribué correctement à Maxime Metzmacher au dos du CD… Concernant cette plage, vous trouverez des sonagrammes par les liens suivants :

 

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Coïncidence

Extrait de sonagramme de la séquence entendue (à partir du fichier non-compressé)

Les anciens médecins de l’Antiquité voyaient dans la forme des plantes une indication sur les maux qu’elles devaient traiter – la théorie de la “signature” des plantes (Cf. cet article ). Par exemple, on cite souvent le cas de l’Hépatique (Hepatica nobilis). Je ne peux m’empêcher d’y songer en voyant la forme d’ondes du sonagramme du chant de cette grive que j’ai eu récemment à étudier, partant d’une séquence enregistrée en 2004 dans le Bugey (Ain) au beau milieu d’une…sapinière ! Pourtant, on sait évidemment combien la Grive musicienne (Turdus philomelos) affectionne les bois de feuillus !   ;o)

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Toc-Toc-Toc ! …Entrez !

La flèche montre la cavité en cours de forage ; l'enregistreur a été placé dans la cavité visible au-dessus

Quelle surprise en cette fin juillet que ce forage si tardif d’un Pic épeiche (Dendrocopus major) – un mâle – prévoyant peut-être une nouvelle nidification pour la saison ?! Le Pic épeiche est très précoce et niche dès le “premier printemps”, au sortir de l’hiver. Il semble qu’il ne niche jamais aussi tard mais une ponte de remplacement pourrait en être la cause (abattage de l’arbre ayant abrité le nid ?). A vrai dire, leur reproduction a dû être menée à bien depuis des semaines puisque fin mai, la plupart des épeiches ont déjà élevé des jeunes. Juin serait le mois d’émancipation des juvéniles. Rares sont les mentions de secondes nichées dans la “littérature”…Mon pommier que vous connaissez pour y avoir écouté le va-et-vient des frelons [ci-dessous !] est mort cet hiver mais je le laisse sur pied pour permettre à la vie de trouver refuge dans mon îlot de jardins, où mes voisins, tatillons, ne manquent pas d’évacuer tout arbre mort et toute “mauvaise herbe” et de tondre court chaque semaine…Cette année, un couple de mésanges charbonnières a conduit à terme une nichée, comme l’an passé, et malgré le dépérissement de l’arbre.

Amusé par ce manège dans notre pommier sec, je fais, parmi mes divers matériels de prise de son, le choix du plus discret pour surprendre ce tapotage appliqué : un petit enregistreur Olympus LS611 qui ne me quitte pas mais me sert bien peu… Je vais enfin étrenner la petite enveloppe de mousse et jersey que je lui ai confectionnée pour pareilles mise en situations “furtives”…Une fois placé l’appareil tête en bas à-même le bois dans une cavité de la même branche, (quelques centimètres seulement au-dessus), je m’éclipse. Une heure plus tard, je relève mon “piège à sons”, et je découvre ce bruits intrigants ; frottements (griffes sur l’écorce ?)et martèlements à coups du bec -un foret spécialement affûté par la nature en arête pointue (profil tournevis !)-. Singulières percussions que ces coups de becs affairés entendus depuis le creux de l’arbre, à quelques centimètres au-dessus de la loge en cours de parachèvement ! En arrière-plan, le conjoint appelle brièvement. Amusante indiscrétion de ma part autour de la vie secrète mais commensale. Perception un peu extraordinaire de cette nature “ordinaire”…

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Enregistrer la pluie ?

Illustration complémentaire d’une discussion technique sur le forum sur le rendu de la captation sonore de la pluie. Comme le vent (voir ici) sujet pas facile pour le preneur de son naturaliste ou le preneur de son “field recording) !  Je vous propose les tentatives suivantes que vous pourrez compléter par d’autres enregistrements à nous fournir pour une mise en ligne ci-dessous…  NDLR au 7/11/18 : En voici trois fournis par Vincent Pourchaire (avec ses commentaires en italique) :

- Un premier dans le Bugey ; au matin avec pour protection une couverture de survie !

- Un deuxième dans la Dombes, avec un dégagement sur la végétation devant.

- Un troisième dans les Monts du Lyonnais, extrait d’une prise  “humide”. Il ne pleuvait pas mais la forêt suintait d’eau. Le temps était à la brume. “Superbe ambiance” vécue, aux dires de son auteur…

 

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Ô Saint-Hubert ! Patron des grandes chasseuuuu !

Dans les forêts qui me sont familières, nul écho de brame avant l’ouverture de la chasse, cette mi-septembre. Me voilà donc une fois encore en pleine période de vènerie sur la trace des cerfs nobles en ce tout début de rut…

Après une première nuit bredouille [ou plutôt...  ;o)  ] voici un indice précieux : un bousier roule une “fumée” de cerf ou de biche ! J’installe mon affût.

…Et au crépuscule, je capte une première scène prometteuse : des mâles rejoignent un “ténor” qui semble mener la danse…

Au matin, la forêt retentit des aboiements des chiens et des piqueurs ; une bête passe non loin et me voilà au beau milieu d’une chasse à cour ! Quoique invisible dans mon affût, je suis trahi par la silhouette incongrue de ma bonnette…

Dans le bois tout entier, les pistes et fourrés sont battus, imprégnés de la sueur des chiens aux abois. Les hommes donnent de la voix “à cor et à cris” et bientôt m’encerclent… On craint un commando anti-chasse ! Froides salutations… Le silence revient, saisissant. Plus rien ne piaille ni ne criaille… Tout le jour, j’hésite à gagner la place de brame et contourne soigneusement les passages stratégiques pour ne pas y laisser mon odeur. Finalement, le soir venu, je m’installe à grande distance, pour ne pas risquer d’ajouter au stress. Je me réjouis même de ma situation avantageuse…Mais rien. Il me faut attendre bien après la nuit noire le premier cerf inquiet. Ce soir, point de brame ; point de lutte. La meute -qui a perdu l’odeur de sa proie- a dispersé les prétendants. La chasse a rebattu les cartes et perturbé l’ordre immuable de la forêt…

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Bisbille dans les frondaisons


Grand ciel bleu en cette matinée d’automne, à l’heure où l’humain entre dans son bureau pour une énième journée de labeur. Le train passe, les voitures aussi. Quelques oiseaux ici et là. Et soudain, un vacarme éclate, se répand, s’intensifie. Sur le groupe de peupliers agglutiné un peu plus loin, trois pies, puis dix, puis vingt et plus encore. Des pies de plus en plus nombreuses au fur et à mesure que les cris se répondent. Elles arrivent de partout, se posent sur les frondaisons là où il reste de la place. Elles causent, elles causent. Soudain encore, comme sur un signal, l’une part, les autres la suivent jusqu’à notre pin et le saule de notre voisine. Le vacarme se rapproche. On dirait, vulgairement, qu’elles s’engueulent, mais ça ne doit pas être ça, parce qu’aucune ne « vole dans les plumes » de la voisine. Elles restent là, posées ou volant d’une branche à l’autre, papotant comme des commères. Encore un grand vacarme et l’une d’elles prend son envol, suivie par les autres, parties je ne sais où, crier plus loin peut-être… À noter que le groupement de peupliers dans lequel la sérénade a éclaté, abrite des nids de pies depuis deux ans. Un la première année ; un deuxième cette année. Les croquettes du chat dont elles se régalent attirent-elles la convoitise des autres vers ce lieu agréable ?

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Frelons ensemble !

Sonatura qui tente de sensibiliser à l’écologie par le son met à l’honneur les beautés sonores des solistes ou des ambiances de la nature mais ne manque jamais une occasion de démontrer que la richesse de la nature se niche aussi au fond du jardin. L’un des défis de demain en matière de biodiversité est la prise en compte du réchauffement climatique et notamment de l’expansion des espèces invasives. Le Frelon asiatique qui s’est installé dans les années 2000 en France par le Sud a maintenant atteint la région parisienne. En Beauce où j’ai signalé un nid en 2015, il a occupé la sous-pente de ma toiture il y a quelques semaines. J’ai dû intervenir. Néanmoins, son installation dans la région est irrémédiable et c’est en observant le manège des frelons d’Europe sur mes pommiers que je viens de constater sa présence encore sporadique. Survivant de la désinsectisation ? J’en profite pour observer sa cohabitation avec les frelons d’Europe. Ceux-ci viennent d’un jardin voisin pour boire la sève sucrée qui coule d’une fente de l’écorce.

Par moments, apparaît le cousin asiatique, l’occasion de photographier la scène : le frelon européen, un peu plus gros, chasse l’intrus presque toujours mais sans véhémence.

La place est prise et même ses congénères européens sont refoulés. Ceux-ci suscitent cependant rarement la réaction égoïste alors que l’approche de l’intrus provoque presque toujours une vive réaction “réflexe” typique : ouverture et vibration des ailes et posture de défense agressive, pattes antérieurs étendues et levées (que nous aurions nous, humains, pu adopter au contraire pour signifier “Dans mes bras !” – mais nous ne sommes pas frelons !). Comment expliquer que même la tête engagée dans la faille de bois et concentré sur son appétissant apéritif, l’individu en place réagisse si prestement à l’approche du frelon asiatique ? Je soupçonne une différence acoustique dans leurs bourdonnements et j’installe un micro MS à 10 cm. Surprise : une écoute attentive révèle que le Frelon asiatique quoique plus petit, produit un fredonnement plus grave (du moins, que ces ouvrières ; devant une reine, la comparaison serait sans doute différente). S’agît-il d’une question de vitesse de battement à moindre fréquence ?

Je constate que bien souvent dérangé, nos frelons européens tolèrent parfois la présence de l’étranger mais alors s’instaure une distance minimale vitale de cohabitation : à portée de patte, le cousin asiatique se fait rabrouer. Sur un peu plus d’une heure d’observation, j’aurai pu constater combien l’intrus aura dérangé et entrecoupé le paisible manège des frelons européens. Le pauvre immigré quant à lui aura eu peu de répit et aura moins profité de la source de sucres. Bref, en un mot, pour cet exemple vécu, malgré des chamailleries fréquentes, la cohabitation s’est avérée possible, sans agressivité violente mais la niche écologique des deux espèces ne semble pas s’être séparée. Qu’adviendra-t-il de cette évolution dans les années à venir dans ce contexte de réchauffement global où l’homme ne laisse guère le temps aux espèces de s’adapter ?

Description de la scène (avec quelques coupures et re-montage sur des passages ‘vides’ ou peu significatifs mais sans modification des évènements) : Des mouches s’affairent sur la source de sève… Un frelon européen arrive, tourne, se pose et repart [Tourterelle turque atterrissant]… Un frelon asiatique arrive [mouches], boit et repart [moineaux]… Un frelon européen arrive avec un frelon asiatique et ensemble, se disputent la source. Comme toujours, l’européen l’emporte, profitant de sa taille plus imposante…. L’asiatique revient… Bataille [un ara en cage au loin]… L’asiatique revient à la charge : bataille puis cohabitation [moineau]…Un autre européen arrive ; l’asiatique s’agite [Pic épeiche] et Fin.

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