Bord de Loire

   8 mai 2006 fin d’après-midi. Rive droite de la Loire entre Tavers et Lestiou, à quelques kilomètres en aval de Beaugency (45).

En cette saison le bord de Loire bénéficie d’une luminosité exceptionnelle.
Ce jour-là, mon objectif était de repérer quelques chantiers de castors pour de nocturnes enregistrements. Raté !
Seules deux superbes Bernaches du Canada (introduites ou échappées de captivité ?) se manifestent, immobiles sur un banc de sable au milieu du fleuve.

       Jean-Louis DUBOIS

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Abeilles et Rougegorge

   Vallée de la Balaguère (09), juin 2006.

Rougegorge - Erythacus rubecula  Grillons et abeilles cohabitent en ces lieux où la végétation abonde. Sous un soleil ardent, un filet d'eau s'écoule et sa fraîcheur n'est pas pour déplaire aux abeilles qui le survolent et même s'y posent. Un Rougegorge lance ses notes flûtées.

       Alain ROUPSY

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La Chevêchette d’Europe

Chevêchette d'Erope - Glaucidium passerinum 

   Des années durant, j’ai exploré la forêt alpine dans l’espoir d’apercevoir la Chevêchette d'Europe (Glaucidium passerinum)… Et puis, un matin de décembre, une cohorte de mésanges m’intrigua. Une telle pagaille m’est familière et trahit toujours la présence invisible d’une chouette, mais cet appel flûté… (1). Un joli chant crescendo s’éleva des épicéas (2). Rare, il n’est audible qu’au début de l’hiver. À cette époque, les mâles défendent déjà leur territoire par leur chant flûté et monotone (3).
Septembre. À l’orée d’une clairière, des Mésanges huppées et boréales sont « en proie » à une agitation suspecte. Cette fois, une femelle aux cris fins et aigus a été débusquée (4). Le calme revenu est déjà perturbé par une excitation panique : les rouges-gorges ont repéré le couple. Semblant provenir du fond du bois, le chant étouffé du mâle s’amplifie (5). Au crépuscule, la montagne résonnera de cette note inlassable encore quelques instants (6).

Les Mésanges noires, huppées et alpestres, inféodées au même biotope que la chevêchette, réagissent immédiatement au « reclin » que j’effectue à l’aide d’une flûte… à bec ! (7). Je croyais que ces houspillements visaient un intrus qu’elles auraient repéré. Cependant, j’ai pu vérifier que les mêmes espèces répondent aussi dans les parcs. Connaissance innée de l’espèce ou connaissance acquise par certains oiseaux ? Acquise, à en juger la véhémence des petits passereaux là où sévit leur prédatrice.

       Pascal DHUICQ

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Alyte solitaire

   Le Mesnil en Vallée (49). Vendredi 21 juillet 2006 peu avant 23 h 00.
Une nuit d'été, l'orage au loin se rapproche. Au pied du vieux mur de pierres j'attends notre « visiteur du soir ».

Alyte accoucheur - Alytes obstetricans  L’Alyte accoucheur (Alytes obstetricans) est un crapaud de petite taille mesurant souvent moins de 45 mm (maximum 55). L’adulte exclusivement terrestre fréquente les bois, les talus, les jardins et se cantonne près d’un point d’eau (dans un rayon de 100 m environ). On le rencontre du niveau de la mer jusqu’à 1500 m d’altitude dans le Jura, les Alpes et le Massif Central et même jusqu’à 2400 m dans les Pyrénées. Crépusculaire et nocturne, il est capable de s’enfouir dans un sol meuble et se cache dans la journée sous une grosse pierre, dans une anfractuosité, un trou de mur ou une galerie de rongeur.
Le mâle porte les œufs, attachés en un cordon à ses pattes postérieures, tout le temps du développement des embryons (14 à 49 jours). Cette particularité lui a valu son nom.
L’autre spécificité de ce petit crapaud est son chant nuptial doux et flûté, très différent de celui des autres amphibiens : succession de courtes notes cristallines – « tiout » – émises régulièrement toutes les 1 à 3 secondes qui lui valent souvent son appellation locale.
Ainsi, ai-je trouvé dans la littérature :
« Celui qui a entendu le chant de l'Alyte un soir d'été ne l'attribue pas spontanément à un crapaud. Ce chant particulier est à l’origine des noms locaux poupoute ou pout-pout qui sont des onomatopées. »(1)
« Clouc : sorte de petit crapaud qui, par les belles nuits d'été, fait entendre son chant très doux qui lui a valu son nom. »(2)

(1) GABORY, O. La Flore et la Faune dans le parler des Mauges. Beaupréau (49 ) : Carrefour des Mauges, Mars 2006. ISBN 2-910 240-25-8 (CPIE Loire et Mauges).
(2) VERRIER, A.-J., ONILLON, R. Glossaire étymologique et historique des patois et des parlers de l'Anjou. Angers : Germain et G. Grassin, 1908.

Matériel : enregistreur MiniDisc SHARP MD-MT190 ; micros Sennheiser K6+ME64 en couple XY..

       Philippe VUILLAUME

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Détresse et agonie

   Enregistré avec une parabole Telinga à Vasselin, en Isère, le 23 mai 2006.

D'ordinaire, les chants animaux nous enchantent. Il s'agit probablement d'une Grenouille verte, en pleine détresse, en train de se faire avaler par un serpent.
Âmes sensibles s'abstenir !

       Yannick DAUBY

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Polyphonies des Pyrénnées catalanes

   Cerdagne française (Pyrénées orientales).

10- Buissons électriques – 07’16’’
Début de la séquence : le 2 septembre 2006, vers 23 h,alt. 1580 m, température ambiante 13 °C.
Les chants d'éphippigères sont « au ralenti » dans un buisson d'aubépine. On distingue des stridulations polysyllabiques d'Éphippigère des vignes* (Ephippiger ephippiger) (habituellement 3 à 4 syllabes) et d'Éphippigères catalanes (Uromenus catalaunicus) (9 à 15 syllabes). Dans une arène granitique se répondent les chants de rivalité des mâles de Grillons testacés (Eugryllodes pipiens). (cf. SONATURA n° 6).
04’00’’ : Évolution des stridulations au même endroit, le lendemain vers 10 h, par une température au soleil de 26 °C.
06’00’’ : « Zoom » sur l’Éphippigère catalane (Uromenus catalaunicus). Cette espèce endémique des Pyrénées est plus petite que les autres éphippigères ; par ailleurs, seul le mâle émet un chant.

* « Le chant d'Ephippiger ephippiger est à prédominance monosyllabique dans la plus grande étendue de son aire de répartition, mais devient polysyllabique dans les départements français de l'Aude et des Pyrénées Orientales, et […] au Nord-est de l'Espagne. Des résultats d'expériences récentes (hybridations, analyses biochimiques) […] se dégage un consensus : il s'agit de formes locales d'Epphipiger epphipigger et non d'espèces distinctes. » (d'après : RAGGE, David R., REYNOLD, W. Jim. The Songs of the Grasshoppers and Crickets of Western Europe. Colchester : Harley Books, 1998. ISBN : 0-946589-49-6).

11- Polyphonie d’altitude – 06’51’’
Étangs du Puig Carlit. Au bord de l’eau, à 2150 m d’altitude, un Sténobothre de la Palène (Stenobothrus lineatus) – un de mes criquets de prédilection – lance ses curieuses ondulations électriques.
02’35’ : Quelques dizaines de mètres plus haut, la prairie appartient aux silencieuses Miramelles, au Gomphocère pyrénéen (Gomphoceridius brevipennis) – espèce aptère endémique du massif – et surtout au Gomphocère des alpages (Gomphocerus sibericus), reconnaissable à ses tibias antérieurs renflés et à son chant cadencé et « pétillant ».
04’00’’ : Arrivé à 2300 m, le sentier s’encombre de myriades de criquets totalement « muets ». Avec un peu de persévérance, j’arrive à dénicher une poignée d’Antaxius hispanicus – autre magnifique endémique Pyrénéen – à quelques pas d’une rivière souterraine.

La nature prend la parole  Matériel :
Marc : Enregistreur Marantz PMD671, préamplificateur AETA PSP3 , couple de micros Sennheiser MKH 40.
Olivier : Enregistreur Sony-MZ-R50, préamplificateur portable Sound Devices MP-2, couple de micros MKH 20.

       Marc et Olivier NAMBLARD

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Rousserolle turdoïde

Rousserolle turdoïde - Acrocephalus arundinaceus 

   Rousserolle turdoïde (Acrocephalus arundinaceus) enregistrée à Petit-Noir dans des bras morts du Doubs le 29 juin 2006.

On peut entendre son chant puissant à plusieurs centaines de mètres et cette Rousserolle est facilement identifiable grâce à ses sonorités rugueuses et grinçantes.
Moins fréquente que la Rousserolle effarvatte, elle occupe les grandes roselières, souvent proche de l’eau libre.

Matériel : Micro parabole Telinga, Nagra Ares BB.

       Gérard OLIVIER

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Rousserolle effarvatte

   Rousserolle effarvatte (Acrocephalus scirpaceus) enregistrée à Petit-Noir (Jura, limite Saône-et-Loire et Côte-d’Or) dans des méandres du vieux Doubs le 30 avril 2006.

Perchée dans la phragmitaie, la Rousserolle effarvatte donne toute sa gamme d’imitations et un Coucou en repérage attend mon départ pour revenir dans la roselière en quête de nids accueillants.

Matériel : Micro parabole Telinga, Nagra Ares BB.

       Gérard OLIVIER

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MANAKINS : étonnants oiseaux d’Amérique du Sud

   Décembre 2006, Guyane.

La nature prend la parole  En complément à l'extrait sonore du chant d'un Manakin à ailes blanches (Machaeropterus deliciosus) déja proposé sur le forum de SONATURA, voici deux autres espèces voisines enregistrées aussi en Guyane : le Manakin à tête d’or (Pipra erythrocephala) (14) et le Manakin casse-noisette (Manacus manacus) (15).
Le premier a la particularité de sauter de branche en branche en poussant de nombreux cris et surtout en vrombissant des ailes. Le second est le plus étonnant : il fait claquer rapidement ses ailes, ce qui crée un son particulier pouvant ressembler à des étincelles.
La taille de ces oiseaux est de 9 à 11 cm. Ils se rassemblent à plusieurs individus sur des zones (sortes d’arènes nuptiales) appelées « leks » sur lesquelles les mâles s'affrontent et séduisent les femelles par leurs cris et leurs parades.

Matériel : Nagra ARES BB et Telinga pro 6 stéréo.

       Fernand DEROUSSEN

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Pétillante de Genêts

   Tout est silencieux sous la canicule de ce début d'après-midi de juillet. Seule une corbeautière toujours bruyante anime le paysage. Moi-même, un peu assommé, je fais une pause dans une ancienne prairie, en lisière de forêt, envahie de genêts sous de jeunes bouleaux. Leurs graines sont en pleine période de dissémination. Les gousses crépitent littéralement tout autour de mes micros. Il arrive même que certaines les heurtent.

       Jean-Louis SICAUD

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