Cochons noirs

    Thêbe septembre 2004 (65)

Dans un enclos, quelques cochons semi sauvages s’alimentent alors que des petits essayent de trouver leur place dans l’auge en lançant leurs cris aigus.
On peut constater les similitudes des émissions sonores avec celles du Sanglier (Sus scrofa), éléments que l’on retrouve en Corse avec les porcs croisés aux sangliers.

           Alain ROUPSY

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Verderolles

     Rousserolle verderolle (Acrocephalus palustris)
13 – Duo :
Alors que les deux séquences suivantes ont été enregistrées au moyen d’une parabole dirigée vers le sujet, ce duo met en scène les deux protagonistes au moyen de deux microphones directifs (cardioïdes) pointés chacun vers l’un d’eux. La position des deux chanteurs est ainsi rendue par "effet stéréo". Le premier mâle est à droite. Il a ajouté le Merle noir (Turdus merula) à son répertoire. Le second, à gauche, y a ajouté le Chardonneret (Carduelis carduelis). Il faudrait prolonger l’écoute plus d’une demi-heure, pour couvrir le répertoire complet de chaque individu.

14 – Chant :
Gros plan sur un premier mâle qui passe en revue son répertoire, notamment : Petit gravelot (Charadrius dubius), Moineau domestique (Passer domesticus), […] Cochevis huppé ? (Galerida cristata), Alouette des champs ? (Alauda arvensis), Pic épeiche (Dendrocopos major), […] Sizerins flammés ? (Carduelis flammea), Pic épeiche, […] Pinson (Fringilla coelebs ), Mésange bleue (Parus caeruleus), etc … Son rival lui donne la réplique au second plan (à gauche).

15 – Contre-chant :
Gros plan sur ce dernier : Mésange bleue (Parus caeruleus), Hirondelle rustique (Hirundo rustica), […] Pipit rousseline ? (Anthus trivialis), Grive musicienne (Turdus philomelos), Moineau domestique (Passer domesticus), […] Pinson du Nord ? [cri de vol] (Fringilla montifringilla), […] Traquet motteux (Oenanthe oenanthe), et même Grillon domesticus (Acheta domestica ), Pinson [cri dit « de la pluie »], etc… Le premier mâle est passé au second plan (à droite).

16 – Imitation :

Comparaison d'un chant de Mésange bleue avec son imitation par une Rousserolle verderolle.

           Pascal DHUICQ

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Un visiteur oriental en Europe

    Le Robin à flancs roux

17 – Kuusamo, Finlande – 9 juin 2000 vers 4h00
Le Robin à flancs roux (Tarsiger cyanurus), espèce largement répandue en Asie et en Sibérie, ne se montre que bien parcimonieusement en Europe occidentale. Toutefois il existe un site en Finlande à proximité de la frontière orientale où il est possible d'observer assez régulièrement quelques couples parfois nicheurs au Printemps.
Son chant assez puissant facilite grandement sa découverte dans son biotope de forêt de conifères dense (Taïga) sur des pentes assez prononcées. Mais il faut être sur place avant le lever du soleil. Ce qui, sous cette latitude, signifie passer la "nuit" sur le site.
Cet enregistrement a été réalisé sur le site célèbre et d'accès aisé du col de Valtavaara près de Kuusamo. La présence du Robin y est inconditionnellement dépendante du maintien de la vieille forêt d'épicéas.

           Jean-Louis SICAUD

18 –
Il s'agit du même individu que celui enregistré un peu plus tôt en matinée par Jean louis SICAUD (même individu) plus tôt mais en monophonie à la Parabole 75 cm équipée d'un micro MKH40.

19 – Individu enregistré en Sibérie le 27 mai 2001, réserve forestière de Taiojny, lac Baïkal.

DAT Tascam DA-P1, 2X Mkh20
En fond torrent et Grive dorée (Zoothera  dauma).
Il est intéressant de constater malgré une différence en fin de phrase, une construction d’ensemble permettant de bien identifier l’espèce.

20 – 09 juin 2000 Kuusamo, Finlande 10h00 le matin.

DAT TCD-D8 et préampli PSP2, parabole 75 cm mono Mkh40.
Alarme d’une femelle sur deux tonalités puis d’un mâle en plumage à peine coloré.

           Fernand DEROUSSEN

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Ambiance matinale au Mont Kupé

    15 février 2005, entre 6h30 et 7h00, 1500 mètres d’altitude.

Une forêt tropicale d’altitude est un lieu où il est toujours nécessaire de se lever tôt, avec la jour naissant.
Durant une à deux heures les chanteurs se succèdent et investissent l’espace sonore.
Comme en témoigne la photo, le milieu est très fermé et le vert domine de toute part. La vision fugitive d’un oiseau rend les identifications difficiles et la patience est de rigueur.
Ce résumé de six minutes pris sur deux heures de rushs reflète fidèlement la densité d’animaux chanteurs présents dans cette forêt tropicale d’altitude où la température ambiante est voisine des vingt degrés.
Les oiseaux, par ordre successif sont des Touraco à gros bec (Tauraco macrorhynchus) aux appels rauques, un Turdidae lointain non identifié pour le moment, de nombreux insectes, l’appel aigu et répété sur deux notes d’un Akalat à tête noire (Illodapsis cleaveri), puis suit la note unique aiguë à la limite dela saturation d’un Poliolaïs à queue blanche (Poliolais lopezi) et pour finir l’appel des Touracos à nouveau.
Dans un tel contexte l’utilisation du couple stéréophonique est utile pour restituer assez fidèlement les échos et réverbérations qui parcourent la forêt.

           Fernand DEROUSSEN

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Cigale de Taïwan

    J'ai enregistré ces chants de cigales près de la rivière Hapen, à Fu-Shan, au Sud de Taipei (à une heure et demi de route), donc dans le nord de Taiwan. Il était environ 10h du matin le 5 août 2004. Les enregistrements ont été faits avec une parabole Telinga pro5 équipée d'un microphone stéréoDAT et un DAT Sony TCD-D8.
Après une petite enquête, j´ai enfin pu trouver quelle est le nom de l´espèce enregistrée…
Il s´agit de Tana Soganensis Kato, cigale endémique de Taiwan, qui se trouve essentiellement dans le nord-est de l´île, non-loin des montagnes Yan-Ming-Shan.

           Yannick DAUBY

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Le Cagou ou Kagou huppé

    Le Cagou ou Kagou huppé  Rhynochetos jubatus  famille des  Rhynochetide

Corps trapu, d’environ 55 cm de long au plumage bleu – gris, pattes et bec puissants rouges – orangés, il dresse une huppe sur sa tête pour parader ou intimider, ne peut pratiquement pas voler. Il vit dans les profondes forêts humides et sur les flancs boisés des montagnes de Nouvelle Calédonie.
Le Cagou est un oiseau endémique de Nouvelle Calédonie, il s’y trouvait bien avant l’arrivée du premier homme sur l’île. Pendant plusieurs milliers d’années, il a vécu en paix et a formé une population très abondante. Il a tellement vécu tranquillement qu’il en a perdu son aptitude à voler. Mais l’arrivée des hommes et des animaux prédateurs a mis l’espèce en danger d’extinction. Dans les années quatre-vingt, il ne restait plus que quelques centaines d'individus.
Le Cagou a été classé par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature comme une des douze espèces animales les plus menacées au monde. Un programme de protection a été mis en place par les autorités il y a 15 ans. L’ornithologue Yves Létocart spécialiste du Cagou est chargé de les surveiller, de les suivre et d’approfondir leur étude. Aujourd’hui, malgré le dévouement d ’Yves et de toutes les mesures prises, le Cagou est toujours menacé de disparaître.

23 – Chant d’un mâle
Il est composé d’une sorte d’amorçage très cadencé de notes identiques qui montent en intensité, et qui aboutissent à une phrase très puissante d’une durée d’environ 4 secondes, de 14 à 16 notes. Il peut reproduire cette phrase à l’identique pendant plusieurs minutes, en fonction de son excitation.
Chez les Cagous le mâle et la femelle ne présentent aucun dimorphisme, seul le chant permet de les reconnaître. Le timbre est identique mais il y a une variation dans la structure de la phrase. Malheureusement  je n’ai pas eu l’occasion d’enregistrer de femelle seule. Dans les plages suivantes la femelle se distingue très difficilement.

24 – Plusieurs Cagous 1


25 – Plusieurs Cagous 2

26 – Cris d’intimidation et de détresse
Cet enregistrement a été réalisé de nuit lors du remplacement d’un petit émetteur de radio-tracking fixé sur le dos dans le plumage. Plusieurs couples sont équipés ainsi. Le traumatisme n’a duré que quelques minutes.

           Lug LEBEL

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La grotte océane

     Tandis que la houle fait rage, une multitude de vaguelettes vient envelopper les rochers environnants où un groupe de Goélands argentés a élu domicile. Au loin, les appels rauques et stridents de leurs congénères se font entendre provoquant nos hôtes en un bavardage effréné suivi d'un cri de parade sonore et perçant brisant le brouhaha salin.

           Paul MERINO

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Je suis un oiseau

   Une pièce de Xavier Charles (clarinette) et Jean Pallandre (phonographie). Réalisée en 2004. Production Ouie Dire.

D’un point de vue technique, le terme “phonographie” tel que je l’emploie désigne et résume véritablement l’acte de gravure sonore, c’est à dire l’ensemble des opérations incluses dans le processus qui, à partir d’un évènement acoustique faisant vibrer les membranes des microphones, inscrit sur un support un texte audio-numérique. Habituellement, dans le monde de la radio ou de la musique enregistrée, ce processus est éclaté, séparé en différentes phases (la prise de son, le montage, le mixage, le mastering…etc). Habituellement encore, on considère que ce travail est plutôt un travail de “technicien”, la responsabilité artistique incombant au musicien ou au producteur, voire au réalisateur. Or, la phonographie est un art, à l’instar de la photographie. Je la pratique et par conséquent la revendique comme telle. Quand donc je désigne mon rôle (dans une réalisation comme je suis un oiseau par exemple) par le terme phonographie, cela signifie simplement que j’ai assumé l’ensemble de choix qui jalonnent le travail depuis un certain évènement acoustique jusqu’à l’inscription d’un texte audio numérique sur un support (bande, CD, disque…etc). Selon les cas de figure et selon les choix qui ont été faits, ce travail a pu nécessiter certaines opérations de traitements, de montage ou de mixage, plus ou moins importantes et plus ou moins sophistiquées. Là n’est pas l’important : une œuvre est gravée, voilà ce qui existe. Elle n’est pas un “enregistrement”, ni un “reportage”, elle est une phonographie.
Disons enfin que cette œuvre, pour être entendue, devra être interprétée, jouée, c’est à dire que quelqu’un décidera d’en donner une certaine lecture, sur un instrument choisi (un certain ensemble de haut-parleurs), dans un lieu et en un moment donné. Ce peut être moi, en situation de concert, comme ce peut être un auditeur isolé jouant de sa chaîne hi-fi dans son salon. A chaque situation sa réalité irréductible.
Jeu d’images, tissu d’air à teinter le réel, chronoparalogie… la phonographie.

           Jean PALLANDRE

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L’appel mystérieux

  Enregistrement réalisé le 20 mars 2005 à 8h20, en lisière de Forêt de Sénart (Essonne) le long d´une voie de chemin de fer.

La "cueillette" des sons est toujours pleine d´imprévus. Alors que je surveillai un Grimpereau dans l´espoir de récolter quelques notes, cet appel éclata soudain. Surpris, je pointai la parabole dans sa direction, lançai l´enregistrement et en oubliai le passereau. Je rentrai heureux de ma collecte mais avec un problème à résoudre : qui ? Quel animal avait bien pu me faire cette agréable surprise ?
A votre tour d´essayer de répondre à cette question, je vous donnerez ma réponse dans le prochain numéro et, d´ici peu, à la rubrique "Forum".

       Philippe VUILLAUME

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Découverte du Rossignol de Sibérie

Prenez l´ouvrage de référence dans le monde de l´ornithologie : "Le guide ornitho" de Delachaux et Niestlé, consultez la page 261, je suis persuadé que vous allez, comme je l´ai fait pendant de nombreuses années, rêver sur les quatre oiseaux présentés.
La Gorgebleue à miroir dont le chant merveilleux a été enregistré par Jean-Louis SICAUD et présenté sur SONATURA 0, le Robin à flancs roux, l´Iranie à gorge blanche et la Calliope sibérienne, autant de noms intrigants, des plumages merveilleux et des chants presque inconnus. Alors je me propose de vous les faire découvrir dans les trois prochains numéro de SONATURA.

   Aujourd´hui, découverte de la Calliope sibérienne ou Rossignol de Sibérie (Luscinia calliope) appartenant à la même famille que notre Rossignol philomèle (Luscinia megarhynchos ) dont le genre luscinia comporte une dizaine d´espèces sur la planète. C´est en mai et juin 2001 durant une expédition au lac Baïkal dans la province de Bouriatie situé à l´extrême sud de la Sibérie en limite du plateau mongol que j´ai découvert l´espèce revenant de ses sites d´hivernage asiatiques.
 Je vous présente sur le montage deux chants sélectionnés parmi ceux d´une dizaine d´individus enregistrés durant deux heures trente. Le premier chant est fait de petites phrases sonores répétées, simples, qui forment l´aspect fondamental du timbre et du rythme de l´espèce. Il était émis de nuit depuis 2h du matin et cela jusqu´au lever du jour (vers 5h), en fond Roselin à longue queue (Uragus sibiricus), également chanteur nocturne. L´oiseau est posé toujours sur le même poste de chant et semble attendre la naissance de la lumière. Le second chant est beaucoup plus compliqué, émis en milieu de matinée il est composé de gazouillis et phrases continues avec ça et là quelques imitations dénotant une richesse d´interprétation qui font la gloire des Rossignols. L´oiseau se déplace parfois et reste relativement à couvert et peu visible. En fond Locustelle lancéolée (Locustella lanceolata). Nous pouvons sur ces deux exemples entendre la variété et la richesse du chant du Rossignol de Sibérie qui se définit sous un grand nombre de combinaisons avec une constante de timbre quelque peu grinçant.

Fernand DEROUSSEN

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