Le réveil des oiseaux

  Parc National du Morne Seychellois, Mahé.

 

Sur la piste qui mène à Salazie, entre forêt et plantation de thé, les oiseaux se réveillent et chantent au lever du jour. Alors qu'il fait encore nuit, on entend les jacassements d'un Bulbul (Merle en Créole) et quelques Grillons « téléphone » (Grele), puis les trilles puissants des Foudis de Madagascar (Kardinal ou Sren), le chant léger d'un Souï-manga (Kolibri), le roucoulement grave d'une Tourterelle de Madagascar (Tourtrel dezil) et quelques cris de Martins tristes (Marten). Viennent ensuite le roucoulement aigu de plusieurs Colombines zébrées (Tourtrel coco), les cris aigus et soutenus du Faucon crécerelle (Katiti) en vol, et le chant grave et saccadé du Pigeon bleu (Pizon olande). Quelques strophes d'Oiseau-lunettes (Zwazo linet), aujourd'hui disparu de cette zone ont été rajoutées en fin de séquence.

       Gilles ABBE

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Instants de grâce à Rambouillet

  Mare changeuse – 6 avril 1997 ; 6h30 et 8h30

Le preneur de son en forêt de Rambouillet souffre le martyre de voir tant de superbes occasions d'enregistrement gâchées par les bruits de la civilisation (avions, voitures et même musique techno les nuits de brame…)
J'avais repéré ce couple de Grèbe castagneux le dernier week-end de mars. Le samedi suivant je suis à l'affût dés 4h le matin pour saisir tout instant de répit. Et, alors que le couple paradait sans discontinuer, je ne pus recueillir en 5h de présence que ces 2 brèves séquences en l'absence (relative) d'avions.

 

Première séquence :
Il fait encore nuit, la Chouette hulotte annonce la fin de sa nuit de chasse tandis que des grenouilles agiles sont en pleine activité reproductrice. Les grèbes semblent quelque peu hésiter à lancer leur trille étrange.

Seconde séquence :
Après des passages d'avions plus nombreux que les œufs de grenouilles de la mare et une fois le calme revenu après les pataugements du chien d'un jogger matinal, le charme renaît pour un bref instant.

       Jean-Louis SICAUD

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Nouvel an camarguais

 

 

1. Silence en Camargue! Le premier janvier, au lever du jour, les réveillonneurs dorment. Usines et avions sont arrêtés. Même le Mistral est assoupi, pas un souffle d'air : Silence ! Vers le mas de Fiélouse, une Rainette méridionale prend le soleil. Une Bouscarle de Cetti, quelques Foulques macroule, une Pie bavarde vagabondent. Deux Aigrettes garzette s'ébrouent et s'envolent. Des Goélands s'éloignent… Silence.
2. Vers 23 heures, la vie est intense. Dans le nord du Vaccarès, certains ont trouvé leur « gagnage » (lieu où les oiseaux trouvent leur nourriture). Canard pilet, sifflement flutté de la Sarcelle d'hiver, sifflement sonore du Canard siffleur, Foulque macroule, animent la soirée. Les Ragondins pleurent sur le mode mineur. Des Flamants roses claironnent et dominent de la voix. Un Héron cendré crie en s'envolant. Un concert qui résonne en nous encore longtemps.

       André et Odile BOUCHER

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Le Roitelet huppé, un petit virtuose ?

   Jardin de Flémalle, 8 avril 2000.

  Chez le plus petit de nos passereaux, le ramage aurait-il l'éclat du plumage ? Une courte prise de son, analysée au sonagraphe, permet déjà de l'apprécier.
Dans la foulée, cette séquence illustre aussi les principales caractéristiques du chant de l'espèce, une phrase en trois sections :
1. la première, introductive, faite de quelques éléments simples et espacés (le plus souvent trois, chez cet individu);
2. la seconde – le corps de la phrase – plus audible que la première, comporte un motif, souvent répété, de quatre éléments de différentes hauteurs;
3. la troisième, ou la fioriture finale, varie beaucoup d'une phrase à l'autre et balaye une large bande de fréquence. Variabilité liée à la forme des éléments, leur durée relative, leur nombre, leurs combinaisons particulières, voire à l’utilisation de motifs empruntés à d'autres espèces (Mésanges huppée et nonnette, par exemple).

Entre ces phrases bien spécifiques, le roitelet peut aussi – comme dans cette prise de son – émettre quelques cris et glisser quelques fioritures finales, ce qui donne à l'ensemble l'impression d'un agréable pot-pourri.

       Maxime METZMACHER

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Batraciens de TaÏwan

   Taiwan, août et septembre 2005.

Poursuivons notre exploration du monde sonore des batraciens de Taiwan. En guise d'excuse, précisons que Formose n'est pas réputée pour son calme : urbanisme fou, perturbations atmosphériques et rivières omniprésentes accentuent le bruit de fond, au grand dam du preneur de son pressé…

1. Tout d'abord, nous voici sur une île de l'archipel de Peng-Hu, dans le détroit de Taiwan. Au milieu du village de Hou-Hsi, un étang aux lotus héberge les petits crapauds Bufo melanosticus, habitués des zones habitées.
2. Ces coassements sympathiques sont les appels des Rana latouchii, enregistrées sur les hauteurs de Taipei, au pied de Yan-Ming-Shan. J'ignore encore quelle est la bestiole qui produit le martèlement grave que l'on peut entendre vers 00’26’’ et 00’44’’.
3. Retour au calme (relatif) sur fond de chants des grandes cigales noires Cryptotympana takasogona Kato, avec les mélodies épisodiques d'un batracien non-identifié et que je n'ai pas pu apercevoir…

Références:
– Discovering Taiwan's Frogs, Yang Yi-Ru, Wind-Records, 2001, Taiwan
– A field guide to the frogs and toads of Taiwan, Yang Yi-Ru, Association de photographie naturaliste, Taiwan, 1998
– Cicadas of Taiwan, Chen Chen-Hsiang, Big Tree, 2004, Taiwan

Merci à Wan-Shuen pour les traductions et photos !

       Yannick DAUBY

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Tourbière en avril

   Hautes Vosges (environs de La Bresse)

  Le printemps approche, lentement, sur les hauteurs des Vosges. Les dernières neiges recouvrent timidement les chaumes alors que les lacs et tourbières, visités par le vent tiède du sud-ouest, se délivrent doucement de la glace.
L’élévation de la température ambiante et le changement de luminosité déclenchent le réveil des batraciens après de nombreux mois de repos hivernal.

00’00’’ à 01’50’’ : fonte des neiges en sous-bois. Un vent chargé d’humidité balaye la cime des épicéas et des hêtres.
01’50’’ à 05’00’’ : des Grenouilles rousses (Rana temporaria) se sont regroupées par milliers dans la partie la plus chaude d’un lac tourbière, exposée plein sud. Plus à l’est, l’eau est encore complètement gelée.
Le plus souvent émis sous l’eau, le murmure des mâles est difficile à localiser, si bien que ce sont surtout les signaux vibratoires qui permettent aux femelles de trouver leurs partenaires. Mais l’effet de nombre crée une sorte de ronronnement assez puissant, audible parfois à plus de cent mètres.
À noter que la résistance de ces animaux à l’acidité est importante : des pontes sont observées dans des tourbières où le pH est voisin de 4…
En installant mes micros je me suis aperçu, non sans un profond agacement, que des braconniers avaient déposé plusieurs nasses le long des berges. Malgré la protection dont jouissent les batraciens, le braconnage des « pattes de grenouilles » pendant la période de reproduction reste un facteur important du déclin de ces animaux dans certaines régions.*
05’00’’ à 06’52’’ : quelques jours plus tard, dans la même tourbière, le Crapaud commun (Bufo bufo) a rejoint son site de ponte.
Cet amphibien, tout comme la Grenouille rousse, émet des cris discrets qui ne sont perceptibles qu’à quelques dizaines de mètres : il gonfle simplement sa gorge pour chanter et n’a pas de réel sac vocal. Certains de ces sons peuvent faire penser aux sifflements de Rallidés, tels que la Poule d’eau (Gallinula chloropus) ou la Foulque macroule (Fulica atra).
On peut distinguer dans cet enregistrement le chant d’amour et des cris exprimant un certain agacement ou une attitude de défense (sons plus aigus pouvant être émis par des individus des deux sexes).

* Devant une telle situation, il ne faut pas hésiter à faire appel aux services départementaux de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage.

       Marc NAMBLARD

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Myriades

   Fin février 2005. Un dortoir de trois millions de Pinsons du Nord a été localisé en Ardèche. Le fait est coutumier chez cette espèce mais rare pour ce département, les pinsons se rassemblant d'ordinaire plus au nord-est, comme ce faramineux dortoir estimé à 60 millions d'individus à Fontenais (Jura suisse) en 2002.

Alors que nous faisons route vers Marcols, à travers landes, vergers et restanques abandonnées, les premiers pinsons convergent au dortoir. Celui-ci s’est constitué dans une hêtraie-pessière dense, au cœur d'un petit vallon humide. En fin d'après-midi, des troupes de milliers d'individus le survolent. Le spectacle est magnifique, chaque oiseau scintillant dans la belle lumière de fin d'hiver. Mais c'est une fois posté au beau milieu du dortoir, que l'expérience devient inoubliable : plusieurs épicéas sont chargés de milliers de pinsons. Les hêtres semblent avoir retrouvé leurs feuilles. Pendant plusieurs heures, les groupes s'envolent, virent dans un impressionnant bruit de cascade, puis brutalement, s’abattent sur un épicéa dont les branches ploient sous la masse (deux premières séquences). En faisant quelques pas vers le bosquet qui semble être l'épicentre de la clameur, on mesure l'ampleur du vacarme… Proprement assourdissant (troisième séquence). Enfin, nous nous arrachons à cette ambiance extraordinaire, laissant le dortoir s'apaiser pour la nuit.

       prise de son et texte lu de et par Pascal DHUICQ
       texte écrit de François CHAMARAUX

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Les loriots et le faucon

   Le bruit du petit cours d'eau ne peut couvrir totalement le chant de ces deux Loriots (Oriolus oriolus) dont on a l'impression qu'ils se répondent. Un Faucon crécerelle (Falco tinnunculus) dérangé par notre présence, pousse son cri avant de prendre son envol.
Il est assez difficile lorsque l'on enregistre le bruit d’une rivière, de parvenir à discerner suffisamment les chants des oiseaux aux alentours. Par un jour de juillet 2005, j'ai eu la chance d'entendre distinctement ces trois « acteurs », malgré le clapotis de l'eau, très présent.
Notez la réverbération naturelle accompagnant le Loriot qui se trouve à l'arrière plan.
Cet enregistrement a été effectué au Nagra IV S, comme tous ceux que j'ai déjà proposés à la revue. Je mentionne ceci car je dois être le seul « irréductible » à enregistrer en analogique. J'attache aussi beaucoup d'importance au choix des préampli-micro. Dans la mesure de mes possibilités, j'opte pour des Girardin incorporés dans une petite mixette et non pour ceux du Nagra que je trouve un peu « limite » notamment au niveau du gain. Quant à la technologie numérique, je la cantonne au traitement du son.

       Philippe PEREZ

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Le Gomphocère des moraines

   (Aeropedellus variegatus) – Première écoute et description du chant de cette espèce d’altitude

Circonstances :
Dans le cadre de la collecte que je réalise sur les orthoptères de France, je me rends le 31 juillet 2004 en compagnie de mon fils (Nicolas) au lac d’Allos dans les Alpes de Haute Provence à la recherche des orthoptères de montagne avec l’espoir d’entendre plus particulièrement Anonconotus alpinus dont l’émission sonore rare et discrète n’est émise qu’en plein soleil.

Je décide de ne pas m’arrêter au lac d’Allos, mais de monter directement au Col de la petite Cayolle à 2700 mètres d’altitude.
C’est vers 2300 mètres qu’une stridulation qui se mélange aux rythmes saccadés des Gomphocerus sibiricus (Gomphocère des alpages) m’intrigue : enregistrement N°01.
La stridulation a un aspect feutré et puissant. L’auteur, un criquet verdâtre, semble assez insignifiant d’aspect. L’épaisseur relative de ses pattes m’intrigue ; consultation du livre de Bellmann (« Guide des Sauterelles, Grillons et Criquets d’Europe occidentale » chez Delachaux et Niestlé) et je découvre Aeropedellus variegatus dont la photo sur une feuille est un peu trompeuse : l’animal restant plutôt au sol. Par contre la description convient parfaitement :
Taille modeste (mâle : 15-16 mm, femelle : 19-24 mm), de livrée généralement verte ou brune, agrémentée de motifs divers, testacés, grisâtres et noirs. Il se caractérise par ses antennes courtes, légèrement renflées à l’apex, et, chez les mâles, par ses tibias antérieurs faiblement dilatés (remarque faite dès ma première observation).
Fréquente la zone subnivale (plus de 2300 m), sur les cariçaies à laîches courbées (Curvuletum) et les pelouses à Seslaire.
Je n’ai trouvé aucune description de stridulation ou de comportements sonores associés à la parade. Devant moi plusieurs individus chantent en ce jour de grand beau temps (température au sol 28°C) : enregistrement N° 02.
De retour, je consulte les six ouvrages sonores en ma possession, et là encore je ne trouve aucune information.
Après consultation d’un certain nombre de spécialistes et même d’une demande sur la liste du forum « orthoptères », toujours pas de réponse à mes questions sur cette stridulation qui semble inconnue. En août 2005, les journées SONATURA me donnent l’occasion de retourner sur le site, et malgré un soleil qui joue à cache-cache j’enregistre à nouveau un mâle au rythme de chant plus lent (température 20° maximum) durant les courtes éclaircies au sol : enregistrement N°3. L’insecte émet deux à trois strophes sonores avant de se déplacer et de reprendre un peu plus loin. Au moindre nuage (donc chute de température conséquente à cette altitude) il y a interruption de la stridulation.
Les quatre enregistrements proposés illustrent parfaitement le rythme et le registre sonore du chant de cette espèce de haute altitude.
L’enregistrement N°4 donne un nouvel exemple avec de stridulation de cour quand le mâle prés de s’accoupler à la femelle. Une certaine confusion due à l’excitation s’installe alors.

       Fernand DEROUSSEN

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Sauterelle cymbalière

   Vallée de la Balaguère (09) juillet 2004

  Nombreux sont les insectes qui fréquentent les herbes hautes ainsi que les clairières aux multicolores fleurs sauvages.
En premier plan, Sauterelle cymbalière (Tettigonia cantans). De plus loin nous parvient l'écho des clarines d'un troupeau de vaches.

       Alain ROUPSY

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