Trilles à la dérive

Crapaud vert (Bufo viridis) 

   Crapauds verts (Bufo viridis) et Courtilière commune (Gryllotalpa gryllotalpa), environs de Dorviller (57), mi-mai 2007.

Le Crapaud vert, magnifique amphibien du centre de l’Europe, n’est présent en France que dans une partie de la Moselle, en Alsace et en Corse. Bien décidé à faire connaissance avec ce bufonidé en tenue de camouflage (surtout après m’être régalé du superbe enregistrement livré par Philippe Vuillaume dans Sonatura nº 5), je me rends début mai sur un bassin de l’est mosellan que m’a chaudement conseillé Stéphane Vitzthum, naturaliste passionné d’herpétologie. Ma surprise est grande : le site semble relativement bien épargné par les nuisances sonores et le Crapaud vert y est présent en grand nombre. Cette population exceptionnelle est malheureusement menacée aujourd’hui par un projet d’aménagement touristique et par une dynamique végétale trop active. Des discussions sont en cours afin d’aménager un autre bassin en aval, mais l’avenir de l’espèce dans le secteur ne semble, hélas, vraiment pas assuré… Sur cette séquence, les chants des Crapauds verts, rappelant parfois les trilles de certains grillons, se mêlent à la stridulation, très ressemblante mais plus continue, d’une courtilière commune. Des cris de contact, beaucoup plus brefs, sont également perceptibles.

Marc NAMBLARD

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Rainettes des temples et Rainettes de Taipei

  Depuis quelques années, je me promène à Taiwan, et espère rassembler les émissions sonores des 32 espèces présentes sur cette île.

Je vous propose de découvrir quelques-uns de mes chants favoris.Pour commencer, deux espèces endémiques de Taiwan:

Chirixalus idiootocus (Temple Treefrog), une rainette de petite taille (2 à 3 cm seulement pour les mâles) à la peau granuleuse. Les individus de cette espèce, qui est l’une des rares en progression, sont de petite taille (2 à 3 cm seulement pour les mâles), à peau granuleuse. Leurs chants puissants et aigus ont un accent différent entre l’Est et l’Ouest de l’île.

Racophorus taipeianus (Taipei Treefrog). La Rainette arboricole de Taipei est présente uniquement au nord de Taiwan, se reproduit entre octobre et mars, en hiver, alors que les autres espèces ralentissent leur activité. Ce qui leur permet ainsi d’échapper à certains de leurs prédateurs, en particulier les serpents. Les appels sont des grognements sourds. Enregistrement réalisé à Dao-Mi, au centre de Taiwan, le 23 mars 2007, vers 22 h.

Yannick DAUBY

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Rainettes méridionales

 

De 00:00 à 01:15 – Rainettes méridionales de Taleyrac – Marc NAMBLARD
Début juillet, à Taleyrac, petit village des Cévennes gardoises. La vallée, somptueuse, est en grande partie structurée par des « bancels » (grandes terrasses) exposés au soleil pour la culture des oignons et des arbres fruitiers. Les nombreux canaux de drainage construits pour les besoins de cette agriculture ont permis à une belle population de Rainettes méridionales de s’installer et de prospérer. Les chanteurs enregistrés dans cette première partie de séquence étaient perchés dans la végétation dense d’un petit jardin, au coeur du village. En raison d’une ambiance particulièrement fraîche ce soir-là, les coassements semblent bien plus lents que dans l’enregistrement suivant.

De 01:15 à 04:13 – Mare en plaine de Durance, juillet – André et Odile BOUCHER
Dès l’époque romaine, la basse plaine de la Durance a été mise en valeur par l’irrigation. Aujourd’hui, un réseau compliqué de canaux donne toute sa fertilité à la plaine. Ces canaux laissent, çà et là, des mares permanentes, royaume des amphibiens. Des Rainettes méridionales (Hyla meridionalis) nous donnent un concert, un soir de fin juillet, accompagnées de quelques Rainettes vertes (Hyla arborea).

Marc Namblard, André et Odile Boucher

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Amphibiens de trois continents

   Pour le plaisir des oreilles et pour apprécier la diversité des chants des amphibiens, un « travelling » sonore à partir de trois prises de sons réalisées en Inde, au bord du lac sacré Ketchapari, en Guyane française (Hyla granosa) et en Tanzanie (Bufo carens, crapauds du Zimbabwe).

Fernand Deroussen

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La constellation des « toutous »

   Crapaud accoucheur (Alytes obstetricans) isolé, Causse Méjean (48), fin juin 2007. Choeurs de Crapauds accoucheurs,
Lérouville (51), début juin 2007.

Le soleil s’est couché depuis plus d’une heure. Dans une ancienne carrière au sol sec et à la végétation rase, de petits sons limpides et doux, particulièrement difficiles à localiser, émergent petit à petit de l’obscurité et emplissent tout l’espace. Nous sommes en pleine période de reproduction des Crapauds accoucheurs. Au bout de quelques minutes, je réalise que je suis cerné par de très nombreux individus qui se remettent à chanter : près d’une dizaine par mètre carré. Certains mâles portent des pontes et semblent se diriger vers la partie plus humide de la carrière. Je décide alors de poser mes micros au ras du sol et de me retirer prudemment et de laisser tourner l’enregistreur. L’écoute d’un individu isolé (début de séquence) permet de réaliser que chaque mâle chante « sa » note, à intervalles plus ou moins réguliers, tel un robinet qui fuit goutte à goutte.

Marc Namblard

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Crapauds calamites

    Sur le Causse Méjean, près du chaos dolomitique de Nîmes-le-vieux (48), le 15 juillet 2006 à la tombée de la nuit. Après un orage, je suis surpris par quelques trilles puissants aux abords d’une lavogne (mare aménagée pour les troupeaux) déjà « sonorisée » par des Alytes. Peu à peu, en vagues assourdissantes de plus en plus denses, s’élèvent les appels de plusieurs Crapauds calamites (Bufo calamita). Nous sommes probablement en fin de période de reproduction pour cette population méridionale et d’altitude.
Le chant de cet anoure plutôt imposant, aux marbrures couleur olive est particulièrement puissant et peut s’entendre à plusieurs centaines de mètres de distance par temps calme. Contrairement à la plupart de ses cousins (tels que le Sonneur à ventre jaune ou le Crapaud commun), le Crapaud calamite ne chante jamais en nageant à la surface de l’eau : il préfère lancer ses appels en se dressant sur les berges peu profondes, parfois sur la terre ferme.

Olivier NAMBLARD

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Un jardin à Taiwan

Microhyla ornata

   À Taiwan, il suffit de créer une petite mare pour la voir immédiatement colonisée par plusieurs espèces. Voici ce que l’on pouvait entendre le 15 septembre 2006 (vers 22 h), à la campagne, à l’est de l’île, près de Hualien, dans le jardin de Yi-Zhing et Xiao-Liu : Polypedates megacephalus (White Lipped Treefrog) pour les sons percussifs et isolés semblables à des claquements de langue, Microhyla ornata (Ornate Rice Frog) pour les cliquetis réguliers et plus aigus et Rana guentheri (Guenther’s Brown Frog) pour les sortes d’aboiements.

Yannick Dauby

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Crapauds communs

Crapauds communs (Bufo bufo) en forêt Orléans, dans le massif d’Ingrannes (45), le 08/03/2007 vers 23 h.

Par une soirée venteuse, autour d’une mare, des mâles lancent crescendo leurs cris d’appel étrangement grinçants. Ils se différencient des signaux de contact entre individus, plus brefs et rapides (à partir de 1’ 10»).

Olivier Namblard

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Les Pélobates du Grosswoerth

Pélobate brun (Pelobates fuscus)

   Début juin 2007. Accompagné par Jean-Pierre Vacher et Guillaume Dutilleux, de l’association alsacienne Bufo, je me rends dans la somptueuse réserve naturelle du Delta de la Sauer, au nord de Strasbourg. Objectif principal de la sortie : rencontrer et enregistrer le Pélobate brun (Pelobates fuscus), sans doute l’un des amphibiens les plus rares et les plus menacés de l’Hexagone. Il y a quelques jours, de grosses averses ont déclenché les premiers déplacements des mâles vers les lieux de ponte : de vastes trous d’eau qui se forment temporairement dans les prairies humides du Grosswoerth. La période de reproduction est brève… il ne faut pas tarder. Ce soir-là, plusieurs individusen migration sont observés, malheureusement aucun chanteur ne se fait entendre. Cette sortie me permet tout de même de tester mes nouveaux hydrophones et d’enregistrer les insectes aquatiques vivant dans les dépressions que fréquentent les Pélobates. Quelques semaines plus tard, après de nouvelles inondations, Guillaume Dutilleux réussira à enregistrer quelques chanteurs. La séquence que nous vous présentons est le résultat d’un montage entre nos différentes prises de sons. Les Pélobates, qui chantent exclusivement sous l’eau, produisent les « cloc cloc » plus ou moins forts et graves en fonction de l’éloignement. Les autres bruits sont produits par des insectes aquatiques (punaises d’eau) et par des Rainettes arboricoles qui chantent à tue-tête dans la roselière.

M. Namblard, G. Dutilleux

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Amphibien dans sa peau

   Elles sont si étonnantes ces bestioles de la taille d’un jouet que l’on pose sur la table de nuit avant de s’endormir ; chacune nous chante sa petite note, brève ou longue, de flûte ou de basson ; discrètement, elles se concertent pour nous offrir une symphonie de la nuit de l’étang. Le temps s’étire alors doucement et on rêve qu’on est bien dans sa peau… Merci à Marc, Olivier et Fernand pour la captation de ces chants que j’ai réunis et re-composés pour rêver cette musique.

Jean Poinsignon

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