Percussions sur stalactite

   Enregistrements réalisés dans le Gouffre de Cabrespine grâce à l’accompagnement de monsieur Aimé MALLET.

41 Petites percussions

42 Percussions sur stalactites

Du silence naît le son. Les difficultés pour jouer des percussions sur stalactites sont de trois ordres :

  • Le placement très aléatoire, étroit ou espacé des stalactites ;
  • Les notes réparties au hasard de la constitution des stalactites ;
  • La verticalité du support qui oblige le musicien à se transformer en contorsionniste.
  • La première expérience finit par des crampes.
    Que ce soit le musicien, l'auditeur présent ou le preneur de son, nous avons la même conclusion :
    qu’il est bon à 1500 mètres sous terre de faire chanter les pierres !

           Hervé BERTEAUX

    Publié dans N° 6 | Laisser un commentaire

    Duo

    Je faisais le tri parmi mes prises de sons réalisées en Estonie au printemps dernier et je suis tombé là-dessus: un duo avec une Rousserolle Verderolle.
    Je marchais en pleine nuit dans un champ à Mooste. Chacun de mes pas qui crissaient sur l’herbe sèche provoquait chez ce piaf une réaction de surprise, un petit cri. Alors je me suis amusé à siffler avec lui, à faire des petits sons incongrus pour voir si on pouvait dialoguer un peu…

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    Le brame résonne

       Forêt de Rambouillet le 21 septembre 1994.

    La nature prend la parole Au cœur de la nuit en pleine forêt, un cerf possède une voix étonnante, toute en graves et résonances. Autour de lui, d’autres mâles se tiennent à distance. Les biches qu’ils convoitent restent silencieuses.

           Paul Merino

    Publié dans N° 5 | Laisser un commentaire

    Clameurs d’amour à Tronçais

       23 septembre 2005, forêt de Tronçais.

    Ce brame envoûtant, dans la nuit des bois, attire beaucoup d'amateurs d'émotions.
    Il y a les indisciplinés qui foncent en voiture dans les zones protégées (l'amende va tomber). Ils ont dérangé la faune, n'ont pas entendu grand chose. Qu'importe, ils ont promené leur 4X4. Ces excès de dérangement peuvent compromettre la reproduction.
    Beaucoup se veulent sérieux et discrets. Mais allez rester discret avec une voiture : Démarreur, moteur, crissement des pneus sur le chemin de terre… Celle-là est partie… Et la lueur là-bas ? C'est une autre voiture qui vient, tout doucement ; ces observateurs sages sont encore bien trop bruyants pour le preneur de son.
    Plus tard, un groupe de jeunes gens, sympathiques mais ignorant les règles élémentaires de l’observation animalière, part à grands pas en fumant et en bavardant. La zone est évidemment désertée par les cerfs. Après une bonne heure, les voici de retour auprès de leurs voitures, avec cette réflexion : « Mais, il n'y a rien dans cette forêt ! ».
    Attendons… 02 h, 03 h, le calme se fait peu à peu. Ne restent que les irréductibles. Faisant quelques pas dans la nuit obscure pour déplacer un peu nos micros, je découvre quelques observateurs tapis dans les bouquets de fougères, immobiles. J'ai presque honte de les déranger ; voilà, comme nous, cinq heures qu'ils attendent, aussi discrètement que possible. Ceux-là vont profiter du concert.
    Le calme se fait. Biches et cerfs se rapprochent, pas trop cependant, car si l'on peut se cacher, il est plus difficile de ne pas émettre d’odeur et le cerf a l'odorat fin.
    Brames et échos résonnent de toute part, un petit grillon des bois est lui aussi en manque de femelle, Chouettes hulottes mâle et femelle se poursuivent. Les oreilles fines pourront se réjouir des stridulations quasi permanentes de… (De qui, au fait ? Pouvez-vous nous aider) dont la fréquence de fondamentale avoisine les 13 000 Hz.
    Dans la dernière minute, qui vient fourrager dans les feuilles ? Peut-être quelques sangliers ?

    Chaque cerf est reconnaissable à sa voix, sa hauteur, son timbre. On dit que ceux dont la voix est la plus profonde seraient les plus anciens. Est-ce si sûr ? Pourquoi n'y aurait-il pas chez les cerfs, indépendamment de l'âge, des ténors, des barytons, des basses ? Toujours est-il que l'on peut reconnaître, dans cette plage, plusieurs cerfs dont les voix sont très différentes. Cela se voit également sur le sonogramme comme sur une portée musicale (horizontalement, le déroulement du temps – verticalement, la portée musicale traduite ici en fréquences, de 80 à 5 000Hz). La couleur rouge correspond à l'intensité maximale émise.
    Le sonogramme visualise la voix de deux cerfs :
    L'image de gauche est le brame modulé d'un cerf intervenant vers 0mn40s. Sa voix contient des harmoniques jusque vers 4 000 Hz.
    L'image centrale est celle d'un autre animal, émettant un brame de forme musicale assez semblable (vers 6mn40s), mais son système vocal ne lui permet guère d'émettre des sons au-delà de 500 Hz, même s'il crie très fort (image de droite 7mn38s).

           André & Odile Boucher

    Publié dans N° 5 | Laisser un commentaire

    Brame dans les Vosges

    La nature prend la parole  

       Les séquences suivantes ont été enregistrées les 29 et 30 septembre 2005, entre 21h et 1h30. Nous sommes en pleine période de rut, dans une immense lande tourbeuse à l’ouest de la grande crête des Vosges. Depuis quelques jours, le temps s’est nettement rafraîchi et les dernières sauterelles cymbalières ont cessé de chanter. Après plusieurs nuits plutôt silencieuses (quelques raires timides peu après le coucher du soleil et à l’aube), les places de brame s’animent enfin.

    3. Brame en bordure de tourbière
    À l’orée des « faignes » : un ruisseau gazouille, caché dans une ceinture de graminées, de joncs et de laîches. Les cerfs sont là, ombres troubles et massives dans un univers de tourbe et de mousse. La nuit est vite tombée et l’humidité est pénétrante. Il n’y a pas un souffle de vent et les conditions sont idéales pour l’installation de nos couples stéréophoniques.
           Olivier Namblard

    4. Brame fiévreux et Chouette hulotte
    Un peu plus haut, sur un petit plateau en lisière de forêt, plusieurs cerfs se répondent. Je pose mes micros et m’allonge sous un jeune épicéa en croyant être repéré. Peu de temps après, une chouette hulotte se pose à quelques mètres puis s’en va. Les cerfs se rapprochent et leurs cris sont de plus en plus intenses : le maître de la place défend son territoire. Je décide alors de laisser mon matériel pour rejoindre un abri en aval.

           Marc Namblard

    5. Plusieurs cerfs se poursuivent
    Quelques minutes plus tard, au même endroit. Deux cerfs se poursuivent et échangent quelques coups avant de se séparer dans la pessière. D’autres qui gravitaient un peu plus loin s’approchent rapidement. Après une courte accalmie, l’un d’entre eux se manifeste avec fièvre et passe à proximité du piège à son.

           Marc Namblard

    6. Biche suivie par un cerf

           Marc Namblard

    7. Forte excitation
    Nous sommes assis sous un épicéa géant aux branches très basses quand plusieurs cerfs contournent notre abri en galopant en direction de la tourbière. Peu de temps après, nous réussirons à dénombrer une bonne dizaine d’individus dispersés dans la combe. L’écho troublant de leur raire retentira pendant une grande partie de la nuit dans les suaires de brume… pour notre plus grand bonheur.

           Olivier Namblard

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    Brame de Cerf en Sologne

       Ces enregistrements de brames de Cerfs ont été réalisés en Sologne, sur la commune de Ligny le Ribault. La tranquillité de certaines propriétés permet aux animaux de bramer en pleine journée. Pour les prises de son, j’ai utilisé un ou plusieurs couples de micros, positionnés à des endroits stratégiques préalablement repérés.

    La nature prend la parole 08 Tombée de la nuit

    09 Le cerf attendu
    Le cerf attendu est enfin au rendez-vous.

    10 Piétinements dans la boue
    Un cerf piétine de la boue et brise des branches. Cette scène à la lisière d’un bois a duré plusieurs heures.

    11 Sans commentaire
    Pendant la période du brame, l’approche des cerfs est extrêmement facile. Visiblement certains en profitent.

           Lug LEBEL

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    Ce brame est vraiment « Chouette »

       ALLOGNY – Forêt de Vouzeron

    Cette nuit du 23 septembre 2005 est fraîche, mais il n’y a pas un souffle de vent. Idéal pour enregistrer. Il a fallu attendre le cœur de la nuit pour être à peu près au calme dans ce centre de la France. En effet, un passage d’avion à peu près toutes les trois minutes ponctue le paysage sonore sans relief dans cette zone forestière.
    Posté en bordure de forêt, ma patience est enfin récompensée : un grand cerf brame devant moi et de toute évidence refuse obstinément de quitter sa place malgré la pugnacité et les assauts vocaux de concurrents acharnés… Cela n’est pas sans déranger quelques hulottes qui semblent prendre un certain plaisir à donner leur opinion en participant au concert. Pas besoin de table de mixage ou de logiciel compliqué, la nature se charge du travail pour le bonheur du preneur de son.
    La cerise sur le gâteau, ça existe aussi dans la prise de son…

           Gérard Gateau

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    Lever du jour

      17 septembre 2002 Lieu dit « Le passoir » – Massif forestier de Rambouillet
    Stéréo 2 x MKH40 sur perche avec préampli PSP2 et DAT Sony TCD D8..

    Rougegorge - La nature prend la parole  Il est environ 6h00 du matin, une lueur venant de l’est a maintenant envahi le ciel, au loin la rumeur lointaine de la région parisienne s’amplifie.
    Deux cerfs relativement éloignés ne font que continuer une longue nuit de veille et d’activité.
    À 22 secondes, réveil d’un petit Troglodyte mignon (Troglodytes troglodytes) qui parcourt ses premières branches de roncier de la journée.
    À 1'54 l’oiseau s’essaye à une ritournelle, histoire de se faire la voix.
    À 2'10 un Rougegorge (Erithacus rubecula) un peu plus tardif prend le relais lançant ses cliquetis à destination d’un autre individu éloigné.
    Ainsi commence une belle journée d’automne en forêt.

           Fernand Deroussen

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    Rot d’inquiétude

      29 septembre 1994 à 21h30 – La Celles les bordes – Massif forestier de Rambouillet
    Stéréo 2 x MKH40 sur pied avec préampli PSP2 et DAT Sony TCD D7.

    Une sorte de silence s’est installé depuis plusieurs minutes en lisière de forêt.
    Mon arrivée (je suis en bordure de route) il y a quelques instants et l’installation du matériel ont, j’en conviens, introduit une perturbation.
    Soudain le rot puissant d’une biche – relayé au loin par un chevreuil – retentit, puis un cerf prend le relais ; une fois rassuré, il reprendra ensuite ses vocalises de brame.
    Il s’agit là d’un appel d’inquiétude bref mais puissant qui indique un facteur de dérangement ou d’incompréhension de la part des cerfs.

           Fernand Deroussen

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    Combat de cerfs

      Thèbe (65) – septembre 2000.

    La nature prend la parole  Par un beau clair de lune et une nuit fraîche, deux cervidés mènent un combat. (Caché derrière une haie, j'aperçois leur masse imposante à la lueur de la lune). Le vainqueur poursuit l'autre qui s'enfuit.

           Alain Roupsy

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