Ambiance au cœur d'un village.
Alain ROUPSY
Ile de la Réunion – Volcan de la Soufrière
Le 9 mars 1998 après 5 ans de silence le volcan de la Soufrière sur l'île de la Réunion s'éveille. Durant 10 minutes vous allez entendre les diverses phases d'une éruption dite effusive, résultat d'une faille dans la roche. Peu dangereuse, il est possible d'approcher la lave à quelques dizaines de mètres. Par contre le matériel est énormément sollicité par la chaleur environnante et les vents thermiques qui soufflent en tous sens. Durant mon approche je laisserais une paire de chaussure aux semelles fondues et surtout les bonnettes de protection des microphones contre le vent elles aussi réduites au même état.
Bien sûr une éruption volcanique est avant tout visuelle mais une fois ajoutée la dimension sonore, l'ampleur en est naturellement démultipliée. Depuis cette date la Soufrière est régulièrement en activité et les chercheurs présents émettent l'idée que son activité pourrait être égale à celle des volcans de Hawaï.
Fernand DEROUSSEN
Vosges (Col de Martimpré / Combe de Belbriette) début juin
Ambiance en lisière de pessière avec Grive musicienne, Grimpereau, Mésanges, Pouillots, Pinsons des arbres,… Cris d'alerte d'un Chevreuil s'éloignant. Pluie dans le feuillage d'un érable proche. Arrivée d'un orage, tonnerre intra-nuageux puis coups de foudre s'approchant.
Marc NAMBLARD
Gorgebleue à miroir roux (Luscinia svecica svecica)
Hánhádalen (vallée de la rivière Hánhá), presqu’île du VARANGER en Norvège, le 17 juin 2004.
La Gorgebleue, très discrète en temps habituel, s'enhardie en période nuptiale à chanter bien en vue. Dans cette vallée l'oiseau trouve son biotope typique, buissons et arbustes de saules et de bouleaux rabougris bordant une rivière au cours tranquille. A cette date les territoires des mâles chanteurs se succèdent tous les 100m dans la vallée. J'en sélectionne un dont la situation du poste de chant me permet d'optimiser la disposition de mon équipement pour une mise en valeur maximum de ses talents de chanteur tout en captant son environnement sonore.

J'ai eu la chance de pouvoir enregistrer ainsi dans ces conditions exceptionnelles tout à loisir pendant une journée entière.
Jean-Louis SICAUD
Comme vous le savez sans doute déjà, le prochain numéro hors-série de Sonatura sera exclusivement consacré aux amphibiens chanteurs…
Yannick, Olivier et moi sommes actuellement en train de finaliser le livret et si tout va bien ce numéro sera distribué aux abonnés de Sonatura avant les fêtes de fin d’année…
En attendant, vous pourrez entendre sur ce blog (ainsi que sur mon audioblog « Promeneur écoutant« ) certaines séquences complémentaires, non retenues pour le CD. En effet, très motivés par le thème, nous nous sommes tous les trois retrouvés avec beaucoup de matière (trop pour un seul disque).
Voici une première ambiance que j’ai enregistré au mois de mai, du côté de Lérouville, dans la Meuse.
La nuit vient de tomber dans une ancienne carrière ; les Rouges-gorges nous offrent leurs derniers babils inimitables (sans doute un de mes chants d’oiseaux favoris) alors que les Crapauds accoucheurs (Alytes obstetricans) commencent seulement à se manifester… Une perturbation approche et les premières gouttes de pluie se font entendre sur le sable. Quelques minutes plus tard, je serai obligé de cesser l’enregistrement et de plier bagage…

Photo : Marc Namblard (crapaud accoucheur)
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llustration navrante mais didactique de la relation que l’homme entretient le plus souvent avec les bêtes :
Quand il ne les persécute pas, ne les domestique pas ni ne les exploite, l’homme les capture, les emprisonne, et les expose, tels ces montreurs d’ours, ces marchands d’oiseaux chanteurs et ces charlatans exhibant leurs chiens savants…
Si ces rapports complexes et ancestraux s’expriment effectivement dans les différents aspects de l’exposition temporaire » Bêtes & hommes » à l’occasion de l’inauguration de la réouverture de la grande Halle de Villette à Paris, du moins, tel n’est pas le propos du commentaire apposé sur la volière où les organisateurs de l’exposition ont placé une Corneille noire (Corvus corone) et un Corbeau freux (Corvus frugilegus) captifs. On y évoque surtout les habitudes commensales de ces corvidés intelligents si connus pour les tracas qu’ils causent depuis des temps immémoriaux à l’homme. Nuisible, pourchassé, le corbeau n’en demeure pas moins un oiseau sauvage et en principe … libre !
En approchant la volière d’où ces deux individus en soutane noire me considèrent, je me demande qui observe qui et je me plaîs un instant à imaginer ce corbeau riant à gorge déployée des misères dont il afflige l’humanité. je l’imagine se gaussant à s’en faire décrocher la mandibule à l’adresse de ces badauds qui n’ont jamais su distinguer corneilles et corbeaux ou qui comme moi, profitant de l’aubaine, apprennent à différencier le cri de la Corneille noire de celui du Corbeau freux. …Et je ne suis pas le seul : tandis que j’enregistre les plaintes râleuses de la corneille (deux type d’appels tonitruants) puis du freux (cris rauques puis roulades grinçantes), une visiteuse profite comme moi de la leçon de sciences naturelles…
L’exposition » Bêtes et hommes » se tient à la Grande Halle de la Villette à Paris (M° Porte de la Villette) jusqu’au 20 janvier 2008. Je vous conseille la tente d’écoute des cris des animaux menacés, avec la participation de « l’Oreille Verte – Nashvert Production » de notre ami Fernand DEROUSSEN
Plus de renseignements ici : http://www.villette.com/manif/manif.aspx?id=1043
[Enregistrement par EDIROL R09 et tuilage de trois séquences prédécoupées.]
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Miscon : un nom qui ressemble à « mixons » nous disait Jean Poinsignon…
Des suprises, des rencontres, des projections, des discussions et surtout des sourires qui ont le goût des sources… Cette première édition du festival de Miscon dédié aux sons de la nature n’est pas près de s’évanouir dans nos mémoires…
Quelques images en souvenir de ces quatre jours riches en émotions sonores…
En escapade archéo-touristique en Crète, le dernier soir je suis descendu à la plage profiter des derniers instants avant le retour. Il m’en reste cette ambiance, propice aux rêveries, de Grillons en bord de mer.
Cet enregistrement a été réalisé la nuit du 3 octobre 2007 avec du matériel « léger », celui qui ne me quitte pas: MiniDisc, couple de micros cravates omnidirectionnels, casque fermé pliant.
Philippe
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Vers 23h00, la rumeur de la route au loin, un chat crie, des chiens aboient, quelques passages de véhicule, des canards au loin et d’inlassables stridulations: l’ambiance nocturne de ce soir.
Philippe
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Dimanche 23 avril 2006, à Amay (Belgique). Il est 9 h et la gravière est toujours sous une petite couette de brume. Dans un saule, une Fauvette grisette (Sylvia communis) émet son petit refrain (fig. 1).
Fig.1. – Une phrase de la la Fauvette grisette, … parmi d’autres. Sur ce sonagramme, comme sur les suivants, l’échelle verticale présente la fréquence en kilohertz; l’échelle horizontale, le temps en secondes.

Écoutez FAGR_Amay_avr06.mp3
Au même endroit, la Gorgebleue (Luscinia svecica cyanecula) lance sa phrase, mais après quelques notes, le chant de la Grisette éclate à nouveau. Sa voisine, surprise, hésite un instant (début de phrase en fig. 2), puis se reprend et continue la phrase entamée. Quelques secondes plus tard, dans le premier motif d’une nouvelle phrase de la Gorgebleue (fig. 3), puis dans le deuxième, le chant de la Grisette éclate à nouveau. La première hésite chaque fois à poursuivre son chant, mais, bien qu’elle en soit capable, elle ne copiera pas celui de sa voisine. Aucun de ces protagonistes, par ailleurs, ne quitte son perchoir.
La Grisette lance ensuite son cri d’alarme, mais la Gorgebleue ne semble plus modifier le débit de ses phrases. L’intensité de ce cri, moins élevée que celle du chant de la fauvette, le rend peut-être moins « gênant » pour la Gorgebleue.
Fig.2. – Phrase de la Gorgebleue (début). En arrière-plan (et après la 4ème figure), phrase de la Fauvette grisette.

Écoutez GB_Amay1.mp3
Fig.3. – Une autre phrase de la Gorgebleue (début). En arrière-plan (et après la 3ème figure), phrase de la Fauvette grisette.

Écoutez GB_Amay2.mp3
L’image de ce duo « perturbé » – le sonagramme – objective ces interférences sonores et illustre une « expérience » difficilement programmable. Le micro orienté vers la Gorgebleue permettait, toutefois, de capter aussi l’autre en arrière-plan. Au cas où …
En l’absence de la Grisette, les autres prises de son (même lorsqu’elles étaient réalisées à plus faible distance du chanteur) n’ont jamais révélé ce genre d’arrêt sur image. Les interactions vocales entre espèces différentes sont peut-être plus fréquentes qu’on ne l’imagine. Mais, les enregistrements – et surtout les sonagrammes – susceptibles de les mettre en évidence sont sans doute fort rares. Chez le Pinson des arbres, par exemple, que j’ai beaucoup enregistré, je n’ai jamais noté d’interruption puis de reprise d’un chant entamé. Il peut bien sûr omettre sa finale, mais, à ma connaissance, ne l’émet pas après avoir brièvement interrompu sa phrase.
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Technique de prise de son : enregistrement mono avec réflecteur parabolique.
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