Un dimanche sous les sapins

Superbe dimanche de mai au soleil généreux. Qu’il fait bon prendre sa chaise longue et l’ouvrir à l’ombre du grand sapin ; ôter ses espadrilles pour plonger les pieds dans l’herbe tendre qui sort de son hiver ; plonger dans l’aventure d’un bon livre qui porte le rêve au gré de la Loire. Le silence est d’or, à peine éveillé par une douce brise qui murmure dans les branches du grand sapin.
De la barrière végétale qui tombe de chez la voisine, un petit cri d’appel se fait entendre dans le noisetier exubérant. Évidemment, c’est l’heure du goûter pour tous les enfants du monde, quelle que soit leur espèce !
Soudain, le noisetier explose d’agitation. Ça crie, ça hurle, ça gigote, ça sautille. Un troglodyte pêchu volette de branche en feuille, menaçant, n’hésitant pas à venir trémousser ses petites ailes jusque sous notre nez, se posant tantôt sur le grillage, tantôt sur une feuille que ne perturbe pas la légèreté de son petit corps guerrier.
Qu’avons-nous fait ? Pourquoi cette soudaine vindicte alors que nous vivions, lui et nous, en paix dans la chaleur de cet après-midi ?
Puis, nous comprenons. Plus loin, caché par le petit sapin bleu, le Grand Maître du jardin est là, à l’affût sous le noisetier, prêt lui aussi à croquer tout petit goûter qui tomberait de l’arbre…
Fatima DE CASTRO, Saint-Piat, 18 mai 2014

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