Après plusieurs jours de douceur, voilà la pluie abondante et bienfaitrice tant attendue par nos amis les anoures, batraciens, urodèles et autres amphibiens, crapauds et grenouilles de nos contrées…
Alors, il est temps (c’est le cas de le dire !) d’aller fouiner au bord des mares forestières ou bocagères ou au bord des étangs, pour enregistrer la grenouille agile (Rana dalmatina) qui chante sous l’eau. Après trois heures penché au-dessus de l’eau pour l’écouter, la quiétude s’est enfin installée au cœur de la nuit et il m’est donné d’enregistrer quelques coassements rauques en crescendo accéléré, typique de l’espèce. Après de longues heures immobile, je surprends à trois reprises ce chant à peine plus excité qu’elle émet pendant un déplacement de quelques centimètres. Parfois aussi, une autre individu lui répond. Son coassements est plus hésitant, plus sourd, plus court et plus faible. S’agit-il de la femelle ? Après vérification dans ma littérature spécialisée, je ne trouve rien qui mentionne cela…
J’y retourne le lendemain de jour et n’entends plus rien à cette heure-là ; au même endroit, je photographie cette ponte.

La grenouille agile est précoce dans l’année mais le printemps est déjà avancé et je vais maintenant rechercher les grenouilles rousses aux voix plus éraillées… Par chance, on annonce un redoux : le petit peuple des mares va s’élancer en transhumance et traverser par milliers nos routes goudronnées si souvent fatales… Alors ; Attention ! Levez le pied !
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En guise d’un hymne à nos amours d’anoures, ne manquez pas le numéro hors-série de Sonatura n° 10 !
Pour démêler les nuances parfois très subtiles entre les chants des grenouilles « vertes » et « brunes » et y « entendre clair » enfin entre les taxons récemment distingués : de DEROUSSEN Fernand. « Amphibiens chanteurs de France, de Suisse, de Belgique et du Luxembourg : Guide sonore avec commentaire et livret 20 pages » NASHVERT Production, 2002.